Le président Issoufou relance la construction du barrage de Kandadji sur le fleuve Niger

Vue sur le fleuve Niger. Niamey, capitale du Niger, le 2 mai 2016.
Vue sur le fleuve Niger. Niamey, capitale du Niger, le 2 mai 2016. (BRITTA PEDERSEN / DPA)

Le président nigérien a donné le coup d’envoi des travaux d’un barrage sur le fleuve Niger. La construction de ce premier ouvrage, abandonnée en 2013, doit permettre d’étendre l’agriculture irriguée et de répondre aux pénuries récurrentes d'électricité.

Le président Mahamadou Issoufou a lancé le chantier du nouveau barrage de Kandadji, en présence des représentants d'une dizaine de bailleurs de fonds, dont la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID), la Banque mondiale et l'Agence française de développement (AFD).

Le financement du barrage Kandadji "est bouclé" et l'ouvrage sera réalisé par une entreprise chinoise dans un délai de 58 mois (presque 5 ans), a précisé la présidence. Selon le président nigérien, l'ensemble de "ce projet structurant" pour le Niger a un coût estimé à 740 milliards de francs CFA (1,2 milliard d'euros).

Près de 50 000 personnes ont été déplacées du site situé à quelque 180 km en amont de la capitale Niamey et à 60 km de la frontière du Mali. La capacité du réservoir de 1560 km³, a de quoi sécuriser l'alimention en eau potable de la capitale Niamey.

Un projet initié dès 2008

Les autorités nigériennes ambitionnent depuis des décennies de construire ce premier barrage du pays sur le Niger, troisième fleuve d'Afrique par sa longueur après le Nil et le Congo. Une première tentative de construction avait échoué en 2008, sous la présidence de Mamadou Tandja, qui avait été chassé du pouvoir en 2010 par un putsch militaire, avant même le début des travaux.

Dès son arrivée au pouvoir en 2011, Mahamadou Issoufou a relancé le chantier, mais en 2013 son gouvernement a résilié le contrat du maître d'œuvre russe, accusé de "lenteur". 7% des travaux de génie civil avaient déjà été engagés.

Une fois achevé, Kandadji devrait permettre d'irriguer 45 000 hectares de terres agricoles. Plus de 80% des 20 millions d'habitants du Niger vivent d'une agriculture de subsistance, totalement dépendante des pluies. Le Niger, régulièrement confronté aux crises alimentaires, doit impérativement augmenter sa production agricole. D’autant que le pays connaît un taux de croissance démographique de 3,3% par an, un des plus élevés de la planète.

Augmenter de 130 MW la production d'électricité

Le barrage sera doté de turbines pour une puissance totale de plus de 130 mégawatts. Cette centrale électrique aidera à réduire les pannes récurrentes dans le pays. Le Niger reste fortement tributaire du Nigeria voisin pour ses besoins en électricité. Le barrage permettra aussi de réguler le Niger dont les crues assassines sont responsables d'importants dégâts chaque année.

Reste à evaluer les conséquences environnementales de ce site qui abriterait, selon les autorités locales, un sanctuaire d'hippopotames.

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