La blague de Hollande sur l'Algérie n'était "pas destinée" aux Algériens

Le président de la République, François Hollande, à Paris, le 18 décembre 2013.
Le président de la République, François Hollande, à Paris, le 18 décembre 2013. (ALAIN JOCARD / AFP)

D'après "Le Canard enchaîné", la boutade ne moquait pas tant la sécurité en Algérie que les relations à couteaux tirés entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et Manuels Valls, partis puis revenus dans le même avion.

La blague de François Hollande sur l'Algérie n'a pas donné lieu à un incident diplomatique. En fait, la boutade ne visait pas les Algériens, explique lundi 23 décembre l'entourage du chef de l'Etat. 

Le 16 décembre, devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), François Hollande avait déclaré sur le ton de la plaisanterie que son ministre de l'Intérieur Manuel Valls était rentré d'Algérie "sain et sauf". "C'est déjà beaucoup", avait-il ajouté.

Des propos "sortis de leur contexte"

"Si les Algériens ont pris ça pour eux, cela ne leur était pas destiné, a commenté le patron des députés socialistes à l'Assemblée nationale française, Bruno Le Roux, invité de RTL. C'est pour cela qu'il y a eu des regrets", a-t-il jugé. Face à l'indignation des médias algériens, à laquelle se sont ajoutées les critiques de l'opposition, le chef de l'Etat avait en effet exprimé dimanche ses "sincères regrets".

Mais à qui donc était destinée la boutade ? D'après l'hebdomadaire Le Canard enchaîné, la blague ne moquait pas tant la sécurité en Algérie que les relations à couteaux tirés entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et Manuels Valls, partis puis revenus dans le même avion.

"Ce qui pose un problème dans l'absolu, c'est quand des propos sont sortis de leur contexte pour être instrumentalisés", a confirmé lundi la porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem. Elle a donc indiqué que François Hollande avait "levé les malentendus" suscités par ses propos. Le président français a d'ailleurs téléphoné lundi à son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika, selon une source officielle citée par l'agence de presse APS.