L'ex-président libérien Charles Taylor jugé coupable de crimes en Sierra Leone

L\'ancien président du Liberia Charles Taylor, le 8 février 2011, pendant son procès, à Leidschendam (Pays-Bas)
L'ancien président du Liberia Charles Taylor, le 8 février 2011, pendant son procès, à Leidschendam (Pays-Bas) (JERRY LAMPEN / AFP)

L'ancien dirigeant a été déclaré jeudi "pénalement responsable" de crimes contre l'humanité. Il est le premier ex-chef d'Etat condamné par une juridiction internationale.

A 64 ans, Charles Taylor est le premier ancien chef d'Etat condamné par une juridiction internationale. L'ex-président du Liberia a été reconnu coupable, jeudi 26 avril, de crimes contre l'humanité en Sierra Leone par le tribunal spécial chargé de juger les responsables présumés des atrocités commises durant la guerre civile dans ce pays (1991-2001). Sa peine ne sera connue que le 30 mai.

"La chambre conclut que l'accusé est pénalement responsable (...) d'avoir aidé et encouragé la commission des crimes 1 à 11 compris dans l'acte de l'accusation", a déclaré le juge samoan Richard Lussick lors d'une audience publique à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye, devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL). Cette déclaration met un terme à un procès qui a duré quatre ans, entre juin 2007 et mars 2011. Le ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni a immédiatement indiqué qu'il purgerait sa peine dans une prison britannique.

"Il ne fait aucun doute que le verdict d'aujourd'hui envoie un message important aux hauts responsables étatiques : qui que vous soyez et quelles que soient vos fonctions, vous serez traduits en justice pour les crimes" que vous aurez commis, a réagi le chef du bureau d'Amnesty en Sierra Leone, Brima Abdulai Sheriff.

Viols et enrôlement d'enfants

Arrêté en 2006 au Nigéria, Charles Taylor était notamment jugé pour sa responsabilité dans des crimes de guerre et contre l'humanité en Sierra Leone. Il s'agit en particulier des meurtres, viols, des faits d'esclavage sexuel et d'enrôlement d'enfants soldats. Des faits commis entre novembre 1996 et janvier 2002.

L'ancien chef d'Etat a mis en oeuvre un plan afin d'obtenir le contrôle de la Sierra Leone dans le but d'exploiter ses diamants. Pour mener sa campagne de terreur, Charles Taylor a fait combattre ses troupes aux côtés des rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni. Il les commandait en sous-main en leur fournissant armes et munitions en échange de diamants.