Première visite au Kenya d’un président de la République française

Nairobi accueille le 13 mars 2019 le premier voyage au Kenya d\'un président français depuis l\'indépendance du pays en 1963.
Nairobi accueille le 13 mars 2019 le premier voyage au Kenya d'un président français depuis l'indépendance du pays en 1963. (SIMON MAINA / AFP)

L’est de l’Afrique, de l’Ethiopie au Mozambique, est en dehors de la sphère d’influence française. Au point qu’aucun président de la République ne s’était rendu au Kenya depuis son indépendance. Un oubli réparé ce 13 mars 2019. Pourtant, les liens économiques entre les deux pays sont plus serrés qu’on ne le croit. 

Il ne faut pas se limiter à analyser le montant des échanges commerciaux entre les deux pays, tant l’arbre cache la forêt. Comme dans les domaines de l’aéronautique et de la défense nos échanges sont faibles, les exportations de la France se limitent à 200 millions d’euros. Un montant en effet bien modeste, pour un pays de 40 millions d’habitants, et à peine plus grand que la France en superficie.

Mais cela ne veut pas dire que la France est absente du pays. Elle est le troisième créancier du Kenya derrière la Chine et le Japon, selon les chiffres du ministère des Finances. Pour l’Agence française de Développement, il s’agit même de son troisième terrain d'action au monde avec 1,8 milliard d’euros.

Energie, eau, transport, les grands noms de l’industrie française sont présents. Total, Lafarge, Bolloré... il y aurait entre 80 et 100 entreprises françaises installées au Kenya, ce qui place l’Hexagone au quatrième rang de ses investisseurs.
Désormais, c’est le commerce qui se développe. Carrefour possède plusieurs grandes surfaces à Nairobi et Décathlon va y ouvrir son premier magasin.

Le pays est stable, doté d’infrastructures de qualité dans le domaine de la communication et des services. Pas étonnant que Stéphane Richard, patron d’Orange, et Jean-Bernard Levy pour EDF soient du voyage.

"French Tech"

Signe que les liens sont solides entre les deux pays, une communauté French Tech a été lancée en 2017 à Nairobi. "L’objectif de la Communauté French Tech de Nairobi est de favoriser l’interaction entre les écosystèmes de l’innovation d’Afrique de l’Est et français", explique le ministère de l’Economie et des Finances français. L’innovation, c’est bien sûr la jeunesse. Aussi, le président Macron finit sa visite par un échange avec des étudiants kényans à l’université de Nairobi.

Pour l'instant, les investisseurs français peinent à trouver une main d’œuvre bien formée. Or, les contraintes réglementaires kényanes imposent un recrutement local. Pour résoudre ce problème, les entreprises hexagonales intègrent de plus en plus un volet formation dans leur stratégie de développement. Le système mis en place fait travailler en commun l’Education nationale pour les formateurs, l’entreprise pour les moyens techniques et le partenaire kényan pour les locaux.

Dans un contexte difficile dans le secteur des TIC (technologies de l’information et de la communication), où la croissance a sérieusement freiné, le partenariat avec la France est plutôt une bonne nouvelle. Dans ce climat de confiance, trois milliards d'euros de contrats seront signés.

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