Le Kenya accusé de mettre en danger les 280.000 réfugiés de Dadaab

Une réfugiée somalienne et son enfant dans le secteur Hagadera du camp de Dadaab, le 29 avril 2015.
Une réfugiée somalienne et son enfant dans le secteur Hagadera du camp de Dadaab, le 29 avril 2015. (Photo AFP/Tony Karumba)

Le gouvernement du Kenya offre un nouveau répit aux 280.000 réfugiés du camp de Dadaab. Ce sont pour la majorité des Somaliens qui ont fui la guerre dans leur pays. Nairobi leur donne six mois pour faire leurs bagages malgré l'insécurité qui persiste dans leur pays.


Ce n’est que partie remise, le plus grand camp de réfugiés du Monde sera fermé au mois de mai 2017. Le gouvernement kenyan avait pris de court les réfugiés, les agences humanitaires, l’ONU et les partenaires occidentaux du Kenya en annonçant au mois de mai sa décision de fermer Dadaab à la fin novembre.
 
Pour les organisations de défense des droits de l’Homme, ce report et un signe positif, mais il ne règle pas pour autant la question des réfugiés somaliens.
 
«Avec cette nouvelle date du 31 mai planant sur eux, les réfugiés vont continuer de sentir qu’ils doivent partir», a réagi Gerry Simpson, en charge des réfugiés pour Human Rights Watch. Pour lui, de tels retours sous la contrainte sont illégaux: «Le HCR et les donateurs devraient presser le Kenya pour qu’il rassure publiquement les réfugiés somaliens jusqu’à ce qu’ils puissent rentrer chez eux en toute sécurité.»
 
Dans un rapport publié mardi 15 novembre, Amnesty International accuse aussi le Kenya d’user de coercition pour forcer les réfugiés somaliens à retourner vivre dans un pays toujours très instable et en proie à une insécurité chronique.
 
Amnesty International fait remarquer qu’en plus de l’insécurité, «la Somalie est actuellement confrontée à la présence de plus d’un million de personnes déplacées à l’intérieur du pays et qu’elle manque de ressources requises pour faire face à un retour massif de réfugiés en provenance de Dadaab».
Le camp de Dadaab, une véritable ville de 280.000 réfugiés au nord de Nairobi, la capitale kenyane, le 23 juillet 2011.
Le camp de Dadaab, une véritable ville de 280.000 réfugiés au nord de Nairobi, la capitale kenyane, le 23 juillet 2011. (Photo AFP/Tony Karumba)

Dadaab, «un abri pour les terroristes»
Pour justifier sa décision, le gouvernement kenyan met en avant la sécurité nationale. Il assure, sans en fournir la preuve, que c’est dans le camp de Daddab qu’ont été planifiées les attaques des islamistes somaliens shebabs contre le centre commercial Westgate à Nairobi en 2013 et de l’université de Garissa, dans le nord-est du pays en 2015.
 
Le camp de Dadaab est situé à la frontière avec la Somalie
. Il abrite quelque 280.000 réfugiés, en très grande majorité des Somaliens, qui ont fui depuis 1991 la guerre civile, les exactions des islamistes radicaux et des sécheresses à répétition.
 
Le gouvernement kenyan tente de rassurer les organisations de défense des droits de l’Homme. Le rapatriement se poursuivra de façon humaine, digne et en sécurité jusqu’au départ de tous les réfugiés somaliens vers leur pays ou des pays tiers, a déclaré le ministre kenyan de l’intérieur Joseph Nkaissery.
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