Guinée équatoriale: la douane brésilienne saisit 16 millions de dollars

Teodorin Obiang en 2013
Teodorin Obiang en 2013 (JEROME LEROY / AFP)

Le Boeing 777-200 de la Guinée équatoriale a décollé de l’aéroport international Viracopos (Sao Paulo) dimanche 16 septembre 2018, allégé de près de 16 millions de dollars en liquide et bijoux – notamment des montres de luxe –, par la douane brésilienne. La loi brésilienne interdit l'entrée sur le territoire avec une quantité d'espèces supérieure à 10.000 réais (environ 2.400 dollars).


La presse brésilienne (lien en portugais) publie des photos d’une valise pleine à ras bord de dollars et une autre de montres en diamants. Valeur totale: près de 16 millions de dollars. Teodorin Obiang Mangue Nguema, vice-président de Guinée Equatoriale et fils de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, au pouvoir depuis 38 ans, faisait partie de la délégation de 11 personnes arrivées vendredi 14 septembre à bord d'un avion privé sur l'aéroport de Viracapos, à Campinas, près de Sao Paulo.
 
D'après la chaîne brésilienne TV Globo, la délégation n'étant pas en mission officielle, seul Teodorin Obiang bénéficiait d'immunité diplomatique. Les autres membres ont eu leurs bagages fouillés par la douane brésilienne et ont répondu à un interrogatoire, pendant que le vice-président attendait dans une voiture, à côté de l'aéroport. Selon le site du journal Estado de Sao Paulo, la police fédérale brésilienne a saisi près de 1,5 million de dollars en espèces dans une valise et des montres de luxe d'une valeur estimée à 15 millions de dollars dans une autre.

Selon une source diplomatique équato-guinéenne citée par Estado de Sao Paulo, Teodorin Obiang a amené cette grande quantité d'espèces pour payer un traitement médical qu'il devait suivre à Sao Paulo. Les montres, quant à elles, seraient pour «l'usage personnel» du fils du président, ses initiales étant gravées dessus.

Condamné en octobre 2017 à trois ans de prison avec sursis en France pour blanchiment d'argent, Teodorin Obiang Mangue Nguema, accusé de mener un train de vie somptueux avec des fonds publics, s'est déjà rendu au Brésil à plusieurs reprises. En 2015, il a assisté aux festivités du célèbre carnaval de Rio de Janeiro, où une école de samba avait défilé sur le thème de son pays. Cette école avait remporté le titre, mais avait été fortement critiquée en raison de son financement présumé par le régime du président Obiang.
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