France/Niger : des relations à forte teneur en uranium

(Radio France © France Info)

Pourquoi la France s'intéresse-t-elle d'aussi près au coup d'État au Niger ? _ Ce petit Etat d'Afrique, certes francophone, est parmi les plus pauvres du continent. Il occupe même la 182ème et dernière place de l'Indice annuel de développement humain publié par le Pnud. _ Mais, il est aussi 3ème producteur d'uranium au monde. Areva venait d'ailleurs d'y signer une convention pour exploiter la mine d'Imamouren, deuxième gisement d'uranium de la planète. Le groupe nucléaire français garde donc un œil inquiet sur ses investissements stratégiques. Et Paris condamne le coup d'État.

Communiqué du ministère français des Affaires étrangères : la France "condamne" la prise du pouvoir par les militaires au Niger "par des voies non constitutionnelles" et appelle au "dialogue" pour trouver une sortie de crise.

Très cyniquement pourtant, ce coup d'État militaire à Niamey aurait pu ici passer inaperçu. Car le pays est loin, très pauvre et ce coup de force plutôt bien accueilli par les habitants, si l'on en croit les témoignages recueillis depuis hier. Le rédacteur en chef d'une radio privée de Niamey raconte même que "sans le bruit des tirs, on aurait cru à une blague". Seulement, on ne blague pas tant que ça, quand sont en jeu des milliards de dollars.

Car le Niger est assis sur un véritable trésor minier : son sous-sol est riche en fer, argent, platine, titane... et surtout uranium.
_ Un sol pareil suscite évidemment des convoitises : avec la hausse des cours du pétrole, et la relance de l’énergie nucléaire, les autorités nigériennes ont accordé 130 permis de prospection, pour la plupart dans le secteur de l’uranium. Mais les prospecteurs, avant même ce coup d'État, devaient faire avec l'instabilité du pays : seuls 10% de ces contrats ont été mis en œuvre, à cause de la crise politique, depuis le soulèvement des Touareg, dans le Nord.

Valse des milliards... mais pauvreté extrême

Sur les rangs, les Chinois et Areva. Sur les 1.500 Français qui vivent dans le pays, beaucoup travaillent pour le groupe nucléaire français, déjà présent sur place depuis
plusieurs dizaines d’années. Et l'ouverture du gisement d'Imamouren, en 2009, a encore renforcé sa position. Areva a alloué 1,2 milliard d’euros à ce nouveau projet minier. La China National Petroleum Corp, elle, a conclu un contrat de cinq milliards de dollars en juin.

Valse des milliards et pourtant, c'est le paradoxe de ce pays du Sahel, il est classé bon dernier sur l'Indice de développement humain, IDH, publié chaque année par le Programme des Nations-Unies pour le développement, indice qui se veut plus pertinent que le PIB par habitant.

Cécile Quéguiner

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