Flambée de violence interethnique au Kenya

(Radio France © France Info)

Une semaine après la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle contestée au Kenya, le bilan provisoire des violences interethniques et des émeutes dépasse les 300 morts.

Au moins 35 personnes, dont des femmes et des enfants, sont mortes brûlées vives dans une église hier au Kenya. Plus de 40 autres, grièvement brûlées, ont été hospitalisées. Ce qui porte le bilan provisoire d’une semaine de violences interethniques à plus de 300 morts. Des assaillants ont mis le feu à cette église en bois dans laquelle 300 à 400 personnes s’étaient réfugiées pour fuir les violences.

Les événements en cours dans la vallée du Rift, notamment à Eldoret (ouest), pourraient même être qualifiés de "nettoyage ethnique", selon un haut responsable de la police. Dénonçant une "tuerie insensée", la Croix-Rouge kényane évalue à environ 70.000 le nombre de personnes déplacées. Des images aériennes montent des centaines de maisons et de huttes incendiées et des barrages routiers installés tous les 10 kilomètres sur les routes.

C’est la réélection, très contestée, du président sortant Mwai Kibaki, le 27 décembre, qui est à l’origine de ces violences qui ont redoublé d’intensité hier. Le leader de l’opposition, Raila Odinga, accuse le président Kibaki de fraude massive sur au moins 300.000 voix. Alors que l’écart officiel entre les deux candidats est de 231.728 voix.

Le président est issu de l’ethnie kikuyu, la plus nombreuse au Kenya, implantée autour du Mont Kenya, dans la province centrale. Le chef de l'opposition est issu de l'ethnie Luo, implantée sur les rives du lac Victoria (LIRE NOTRE ENCADRE).

La mission d'observation de l'UE des élections générales kényanes demande une enquête indépendante sur les résultats de la présidentielle, estimant qu'elle n'avait "pas respecté les critères internationaux et régionaux d'élections démocratiques".

Un millier de touristes français passent actuellement lers vacances au Kenya, dans des parcs nationaux ou des complexes hôteliers sur la côte. Aucune opération d'évacuation n'est envisagée pour l'instant. Selon les tour opérateurs, ces touristes ne courent aucun danger, même si, par mesure de précaution, les nouveaux départs vers le Kenya sont suspendus.

Gilles Halais (avec agences)