Etudiants disparus au Mexique : des suspects avouent les meurtres et mettent en cause la police

Des manifestants marchent le 6 novembre 2014 à Mexico, avec des posters à l\'effigie des étudiants disparus.
Des manifestants marchent le 6 novembre 2014 à Mexico, avec des posters à l'effigie des étudiants disparus. (BRIAN TORRES / NURPHOTO / AFP)

Selon les suspects, les étudiants auraient été livrés par la police au groupe criminel Guerreros Unidos, a annoncé vendredi le ministre mexicain de la Justice.  

L'enquête sur les 43 étudiants disparus au Mexique avance. Trois membres présumés d'un groupe criminel ont avoué avoir tué les disparus fin septembredans l'Etat de Guerrero et avoir brûlé leurs cadavres. Ces aveux ont été annoncés vendredi 6 novembre par le ministre mexicain de la Justice, Jesus Murillo Karam.

Francetv info fait le point sur ces révélations.

Quelle est la version des suspects ?

Trois suspects, membres présumés du groupe criminel des Guerreros Unidos, ont raconté que des policiers corrompus leur avaient livré les étudiants. Ils ont été ensuite transportés vers une décharge proche de Cocula, dans l'Etat du Guerrero. Une quinzaine d'entre eux meurt d'asphyxie pendant le transport. "Les détenus ont indiqué que dans ce lieu ils ont tué les survivants et ensuite les ont jetés dans la partie basse de la décharge et ont brûlé leurs corps", raconte le ministre de la Justice.

Selon leurs aveux, les corps ont été brûlés avec de l'essence, sur des bûchers de bois et de plastique. "Le feu a duré de minuit à 14h00 le lendemain. Les criminels n'ont pas pu manipuler les corps pendant trois heures en raison de la chaleur", précise le ministre. Les suspects ont ensuite concassé les restes avant d'en remplir des sacs en plastique et de les jeter dans une rivière.

Pourquoi ont-ils été tués ?

Que venaient faire à Iguala ces étudiants, à plus de 120 kilomètres de leur école ? D'après eux, ils étaient venus là pour recueillir des fonds, en s'emparant de plusieurs bus de transport public. Selon les autorités fédérales, ils ont été attaqués à l'instigation de l'ex-maire d'Iguala, José Luis Abarca, et son épouse, Maria de Los Angeles Pineda, soeur de trois narcotrafiquants notoires. 

Le "couple impérial" aurait craint que la visite des étudiants à Iguala visait à perturber un événement public que Maria Pineda tenait ce jour-là en sa qualité de responsable d'un organisme local d'aide à l'enfance. En fuite, l'édile et sa femme ont été arrêtés mardi.

Comment réagissent leurs familles ?

Les parents ont à leur tour tenu une conférence de presse à l'école des étudiants, à Ayotzinapa. Ils ne donnent aucun crédit aux témoignages des criminels présumés et refusent de croire à la mort de leurs enfants. "Tant qu'il n'y a pas de preuves, nos enfants sont vivants", a déclaré Felipe de la Cruz, porte-parole des parents.