L'Ethiopie saluée par l'ONU pour le vote d'une loi "historique" en faveur des réfugiés

Le camp de Dabafayed à Gode, près de Kebri Dahar, dans le sud-est de l\'Ethiopie (photo prise le 27 janvier 2018).
Le camp de Dabafayed à Gode, près de Kebri Dahar, dans le sud-est de l'Ethiopie (photo prise le 27 janvier 2018). (YONAS TADESSE / AFP)

Le Parlement éthiopien a adopté jeudi 17 janvier 2019 une règle qui accorde aux 905 000 personnes réfugiées sur son territoire la possibilité de travailler, de bénéficier de l'enseignement scolaire et d'avoir des comptes en banque. Une loi désignée par le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) comme "l'une des plus progressives d'Afrique".

L'Ethiopie, considérée de longue date par les Nations unies et les ONG comme un modèle d'ouverture en matière d'asile, n'a pas failli à sa réputation. "L'adoption de cette loi historique constitue une étape importante dans la longue histoire d'accueil des réfugiés de toute la région depuis des décennies", a déclaré le Haut commissaire aux réfugiés Filippo Grandi, dans un communiqué.

L'exode érythréen se poursuit

Deuxième pays le plus peuplé d'Afrique, l'Ethiopie accueille aussi le plus grand nombre de réfugiés de tout le continent africain, soit au total 905 000 personnes venues de pays en proie à des guerres ou troubles (Soudan du Sud, Somalie et même Yémen), ou bien fuyant des Etats autoritaires (Soudan, Erythrée).

La paix soudaine signée le 9 juillet 2018 entre l'Ethiopie et l'Erythrée, en guerre depuis vingt ans, n'a pas tari l'exode de la population érythréenne vers son voisin. Au contraire.

Loin des tergiversations de l'Europe

"Alors que certains pays occidentaux ont adopté des politiques xénophobes en refusant les réfugiés, nous sommes heureux que l'Ethiopie ait adopté cette loi", a commenté Stine Paus, directeur en Ethiopie du Conseil norvégien pour les réfugiés. Les Etats européens ont depuis ces dernières années du mal à s'accorder sur le sort à réserver aux nombreux immigrés fuyant notamment l'Afrique. Leurs conditions d'accueil ont été durcies.

Et aux Etats-Unis, le président Donald Trump souhaite la construction d'un mur face à l'afflux de migrants à la frontière mexicaine.

Stimuler l'économie éthiopienne

L'adoption d'une loi constructive en Ethiopie, dirigée depuis avril 2018 par le jeune Premier ministre Abiy Ahmed, entre dans le cadre d'un plan plus large pour stimuler l'économie éthiopienne qui, en dépit d'une croissance rapide, doit faire face à l'un des plus forts taux de pauvreté du continent. Cela "vise à créer des emplois et des opportunités économiques pour les Ethiopiens et les réfugiés vivant en Ethiopie", a commenté sur son compte Twitter le chef de la commission des investissements Abebe Abebayehu.

L'Ethiopie, composée de 80 groupes ethniques, a elle-même dû gérer ses propres déplacements de populations au cours des derniers mois, en raison d'affrontements entre tribus pour l'eau et la terre, dans toutes les régions du pays. Une épreuve qui, à la longue, pourrait saper le moral du "tigre africain".

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