La CITES s'engage pour les éléphants et les girafes

Une girafe est aspergée par un éléphant dans le Etosha National Park en Namibie. Le pachyderme n\'apprécie apparemment pas de voir l\'animal au long cou passer si près de lui... Photo prise le 21 novembre 2018. 
Une girafe est aspergée par un éléphant dans le Etosha National Park en Namibie. Le pachyderme n'apprécie apparemment pas de voir l'animal au long cou passer si près de lui... Photo prise le 21 novembre 2018.  (CEZARY FILEW/SOLENT NEWS/SIPA / SOLENT NEWS & PHOTO AGENCY)

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), réunie à Genève, a adopté des mesures pour protéger les éléphants sauvages et les girafes.

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) a adopté le 27 août 2019 à Genève des mesures pour protéger efficacement certains animaux africains. Elle a ainsi renforcé la protection de l'éléphant et la régulation du commerce de la girafe. 

La CITES, appelée aussi Convention de Washington, est issue d'un accord intergouvernemental signé en mars 1973 dans la capitale américaine. Elle
représente plus de 180 pays. Ceux-ci se réunissent tous les deux ou trois ans pour amender la liste des espèces qu'elle régit.

Les éléphants

La CITES a adopté un texte limitant très strictement le commerce international des éléphants sauvages d'Afrique pour les mettre en captivité, notamment dans des zoos. 

Une première version du texte avait été adoptée le 19 août, au premier jour de la réunion de la CITES qui devait se terminer le 28 août. Le document, présenté par plusieurs pays d'Afrique, concluait que seuls "les programmes de conservation in situ dans l'aire de répartition naturelle de l'espèce" constituaient des "destinataires appropriés et acceptables" pour ces animaux, excluant de fait les zoos ou les parcs de loisirs.

Mais cette décision avait suscité une forte opposition de certains pays comme le Zimbabwe et le Botswana. Il existe une demande d'éléphanteaux sauvages pour alimenter des zoos et des parcs de loisirs, en particulier en Chine et aux Etats-Unis, selon des ONG. Le Zimbabwe a ainsi capturé et vendu plus de 100 bébés éléphants à des zoos chinois depuis 2012, estime le groupe de protection animale Humane Society International (HSI).

Une intense campagne de pression, avec des célébrités comme Pamela Anderson, Brigitte Bardot, Jane Goodall, a eu lieu entre les deux votes. Le 27 août, en séance plénière, l'Union européenne a présenté une version amendée du texte pour tenter de parvenir à un compromis.

Eléphants et girafe au Botswana le 3 janvier 2014
Eléphants et girafe au Botswana le 3 janvier 2014 (AFP - SERGIO PITAMITZ / BIOSPHOTO)
La nouvelle mouture prévoit que les éléphants sauvages capturés dans de bonnes conditions pourront être transférés dans des zones protégées ou vers des programmes de conservation, dans les zones où ils vivent actuellement ou ont pu être présents dans le passé; Ce qui exclue de fait les zoos ou les parcs de loisirs.. Des exceptions sont prévues dans des "circonstances exceptionnelles", après consultation des experts de la CITES et de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Ou dans le cas de "transferts temporaires dans des situations d'urgence". Cette nouvelle version a donné lieu à des débats très tendus et n'a pu être adoptée qu'après une interruption de séance.

Les ONG n'apprécient pas forcément la mention de "circonstances exceptionnelles". "Une porte étroite reste entrouverte mais son franchissement sera difficile", a fait valoir l'association Robin des bois

Les girafes

La CITES a également voté définitivement la régulation du commerce de la girafe.

Elle a introduit ce "grand mammifère artiodactyle d'Afrique" au très long cou (selon la définition du Petit Robert) dans son annexe II. Laquelle soumet le commerce international à des permis, à condition qu'il ne porte pas atteinte à la survie des animaux dans la nature.

Les délégués ont ainsi reconnu pour la première fois que le commerce de peau, de cornes, de sabots et d'os de girafes notamment, constituait une menace pour la survie de l'espèce. La population des girafes d'Afrique a décliné d'environ 40% en 30 ans. Elle compte aujourd'hui moins de 100 000 individus, selon l'UICN.

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