Kenya : l'expédition du "Flipflopi", un bateau en plastique recyclé, veut attirer l'attention sur la pollution des mers

Le "Flipflopi", ainsi baptisé en raison des tongs – "flipflops" en anglais – qui recouvrent sa coque, a presque tout du boutre traditionnel, avec sa voile triangulaire. A une (grosse) différence près : il a été construit grâce à des déchets en plastique ramassés sur les plages.

Attendu sur l'île tanzanienne de Zanzibar le 6 février 2019, le bateau effectue un voyage de 500 km sur l'océan Indien. L'objectif du périple est de sensibiliser la population à l'usage néfaste du plastique. Comme de très nombreux pays à travers le monde, où bouteilles, sacs et pailles en plastique ne sont utilisés qu'une fois avant d'être jetés, le Kenya subit les effets désastreux de cette pollution. Comme l'ingestion de particules de plastique plus ou moins grosses par les animaux tels que les tortues. Une absorption souvent fatale.

"Il ne s'agit pas uniquement de construire des bateaux, c'est un symbole de la deuxième vie qu'on peut donner au plastique", souligne Dipesh Pabari, un Kényan défenseur de l'environnement qui a dirigé le projet.

"Il s'agit de montrer que si ce matériau est génial au point qu'on peut en faire un bateau qui navigue, il est stupide de penser à lui comme quelque chose à usage unique", selon M. Pabari, rencontré par le reporter de l'AFP à bord du Flipflopi (lien en anglais) à l'occasion de son escale fin janvier à Watamu, sur la côte Nord du Kenya.

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Long de neuf mètres, le "Flipflopi" a été construit pendant près de trois ans sur l'île de Lamu, au large des côtes kényanes, par des constructeurs de boutres traditionnels qui ont utilisé des techniques simples et, selon eux, aisément reproductibles.Tous ceux qui ont participé au projet sont des bénévoles.  BAZ RATNER / REUTERS
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La coque du boutre a été recouverte de 30 000 tongs aux couleurs criardes, ramassées sur les plages et aplaties. Elles ont donné au bateau son aspect de patchwork multicolore. BAZ RATNER / REUTERS
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Au début, le financement a été assuré par les bénévoles, par financement participatif et par de petites donations, avant que le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) ne s'implique pour financer l'expédition du "Flipflopi" vers Zanzibar. A l'avenir, tous espèrent construire un boutre de vingt mètres de long et rallier Le Cap, au sud-ouest de l'Afrique du Sud, à 5000 km de chez eux. BAZ RATNER / REUTERS
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Avec plus de 12 millions de personnes travaillant dans le secteur de la pêche en Afrique, et de nombreux autres dépendant du poisson pour leur alimentation, la pollution des mers, où les plastiques peuvent se décomposer en microdéchets extrêmement nocifs, est une véritable menace pour le continent. BAZ RATNER / REUTERS
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Seuls le mât et la carène du "Flipflopi" sont en bois. Le reste du bateau, coque et quille en tête, a été construit à l'aide de dix tonnes de plastique déchiqueté, puis moulé. BAZ RATNER / REUTERS
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La révolution contre l'usage unique du plastique (et son rejet n'importe où) est en marche auprès des habitants. Avant l'interdiction des sacs synthétiques en 2017, "il y avait du plastique partout (...), on aurait dit que c'était une fleur kényane", ironise James Wakibia, considéré au Kenya comme l'initiateur de la suppression des emballages en plastique. Selon le Programme des Nations unies (PNUE) pour l'environnement, quelque 8,3 milliards de tonnes de plastique ont été produites dans le monde depuis le début des années 50, dont 60% se sont retrouvées dans des décharges sauvages, dans la nature et donc aussi dans la mer. BAZ RATNER / REUTERS
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