En Tunisie, la crise menace de s'étendre

A Siliana, le 30 novembre, un manifestant pousse un pneu.
A Siliana, le 30 novembre, un manifestant pousse un pneu. ( JACKY NAEGELEN / REUTERS)

Pour le cinquième jour consécutif, de violentes manifestations animent la ville de Siliana.

AFRIQUE - La situation reste très tendue à Siliana, en Tunisie, samedi 1er décembre. Pour le cinquième jour consécutif des manifestations violentes se sont déroulées dans cet épicentre de la colère des Tunisiens. Deux ans après la première révolution arabe les manifestants crient leur rage des espoirs déçus. Et la crise menace de s'étendre encore. Des violences ont été signalées dans d'autres régions.

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Comme les deux jours précédents, une centaine de jeunes ont attaqué les policiers à Siliana (située au sud-ouest de Tunis, comme on peut le voir sur la carte), à coups de pierres, et un agent a été blessé à la tête, selon une journaliste de l'AFP. Les forces de l'ordre ont répliqué avec de grandes quantités de gaz lacrymogènes, et les protestataires bâtissaient à nouveau des barricades de pneus et de branches enflammées. 

Selon des témoins, à une vingtaine de kilomètres plus à l'est, des habitants de Bargou ont barré une route et jeté des pierres sur des véhicules de la police qui a répliqué avec des gaz lacrymogènes. Signe des tensions croissantes, des heurts ont également eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi entre des manifestants disant soutenir les habitants de Siliana et des policiers au Kef (nord-ouest) et à Sbeïtla (centre-ouest, région de Kasserine), selon des médias locaux et des témoins.

Le président veut un nouveau gouvernement

Ces villes, respectivement à 70 km à l'ouest et à 120 km au sud de Siliana, sont considérées comme des points de tensions importants. Comme Siliana, elles sont situées dans l'intérieur de la Tunisie, zone marginalisée où les manifestations avaient été violentes lors de la révolution de 2010-2011.


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Le gouvernement, dirigé par les islamistes du parti Ennahda, a exclu de céder à la pression de la rue. Des négociations sont néanmoins en cours à Tunis avec la principale centrale syndicale, l'UGTT, qui réclame la démission du gouverneur de Siliana, un plan d'aide économique et le retrait des renforts policiers. Alors que les crises se succèdent depuis l'été, le président Moncef Marzouki (laïc) a appelé vendredi soir à la formation d'un gouvernement restreint à même de stabiliser le pays, le cabinet actuel se montrant incapable de répondre aux attentes de la population, selon lui.

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