En Tunisie, l'Assemblée constituante se réunit pour la première fois

Le chef de file du Congrès pour la République (gauche nationaliste), Moncef Marzouki (à g.), le leader du parti islamiste Ennahda, Rachid Ghannouchi (au centre), et son numéro 2, Hamadi Jebali, le 21 novembre 2011 à Tunis (Tunisie).
Le chef de file du Congrès pour la République (gauche nationaliste), Moncef Marzouki (à g.), le leader du parti islamiste Ennahda, Rachid Ghannouchi (au centre), et son numéro 2, Hamadi Jebali, le 21 novembre 2011 à Tunis (Tunisie). (FETHI BELAID / AFP)

Un mois après l'élection historique du 23 octobre, les 217 élus de l'Assemblée constituante doivent approuver la répartition des pouvoirs entre les partis de la coalition. 

La nouvelle organisation des pouvoirs en Tunisie prend forme. Les partis de la coalition élue après les élections constituantes du 23 octobre se réunissent pour la première fois mardi 22 novembre. Leurs responsables ont signé lundi l'accord de répartition des principaux postes à la tête de l'Etat. FTVi fait le point sur l'organisation du nouveau pouvoir tunisien.

Quel est le rôle de l'Assemblée constituante ? 

• Elle doit rédiger une nouvelle Constitution pour le pays.

• Elle doit également organiser de nouvelles élections d'ici à un an. 

Comment les postes-clés sont-ils répartis ? 

• Le fauteuil de Premier ministre revient à Hamadi Jebali, secrétaire général du parti islamiste Ennahda (Renaissance), arrivé en tête du scrutin avec 90 des 217 sièges de la Constituante. Jebali, numéro 2 du parti islamiste, a passé plus de quinze ans dans les geôles de l'ancien président Ben Ali. 

• L'accord a désigné Moncef Marzouki dans le rôle de président de la République. Il est le chef de file du Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste). Ce parti a obtenu 30 sièges. Ancien opposant au régime de Ben Ali, ce médecin de 66 ans a vécu pendant dix ans en exil en France avant de revenir en Tunisie après la révolution.

• Le président de l'Assemblée constituante sera Moustafa ben Jaafar, un dirigeant d'Ettakatol, le parti de la gauche laïque fort de 21 sièges. Ce médecin de 71 ans est lui aussi un ancien opposant à Ben Ali. 

 Quel est l'ordre du jour de cette première réunion ?

Les députés doivent confirmer l'accord de répartition des postes signé hier, sans quoi ce dernier "n'a pas de valeur juridique ou constitutionnelle", note le constitutionnaliste Ghazi Ghrairi. 

•  La séance a commencé peu après 11 heures dans le palais beylical qui abritait l'ancien Parlement au Bardo, dans la banlieue ouest de Tunis. Elle est présidée par le député le plus âgé de l'assemblée.

• Le président tunisien par intérim, Fouad Mebazaa, qui a dirigé le pays depuis la chute de Ben Ali le 14 janvier, doit prononcer une allocution devant l'Assemblée.

• L'Assemblée doit élire, à la majorité absolue, son président et ses deux vice-présidents.

• Les élus de la Constituante doivent confirmer la composition du gouvernement. 

Que sait-on du futur gouvernement ?

• Selon un haut responsable d'Ennahda, les actuels ministres des Finances et de la Défense, de même que le gouverneur de la Banque centrale, devraient rester en fonction.

• En revanche, toujours selon ce responsable, la composition du reste du cabinet donnera lieu à de nombreux changements.