VIDEO. L'équation égyptienne par Christian Malard

L'éventuelle dissolution des Frères musulmans et les répercussions de la crise égyptienne sur le monde, arabo-musulman ou non... En deux questions, l'analyse de Christian Malard, l'éditoraliste de politique étrangère de France3.

Le gouvernement qui projette la dissolution des Frères musulmans, au coeur de la tourmente égyptienne ? Dissoudre la confrérie viserait à mettre fin à l'islam politique qui a montré son incapacité à gérer le pays politiquement et économiquement. (...) Les classes les plus pauvres, encadrées par les Frères musulmans, ont vite réalisé que Morsi avait détourné la révolution à son profit, en s'arrogeant les pleins pouvoirs et en voulant faire de l'Egypte une dictature religieuse. L'armée non plus n'a jamais été capable de bien gérer le pays : elle doit au plus vite organiser des élections libres et transparentes (...). Même si les Frères musulmans doivent se résigner à entrer dans la résistance ou la clandestinité.

Quelles peuvent être les répercussions mondiales de la crise en Egypte, pays pivot de la région ?  Le monde arabo-musulman et l'Occident ont intérêt à une Egypte stable. C'est le pilier du Moyen-Orient et un triple enjeu : 1) pour le monde arabe, entre soutiens des militaires égyptiens (Arabie saoudite) et des Frères musulmans (Qatar) qui se livrent une guerre d'influence 2) pour Israël qui peut se réjouir de la perte d'un allié de poids pour le Hamas, et ne fera pas la moindre concession aux Palestiniens, dans un contexte aussi explosif... 3) pour l'Occident, surtout les Etats-Unis qui, après avoir lâché Moubarak, ont soutenu Morsi avant de comprendre son jeu...

La conclusion de l'éditorialiste Aujourd'hui, Obama n'ose pas se mouiller et se mettre à dos les Frères musulmans... pourtant, la fermeté s'impose. Pour les Occidentaux, il est temps d'en finir avec la lâcheté et la naïveté.

 

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