L'Egypte accuse Obama d'"encourager" les groupes violents

Le président américain, Barack Obama, donne une conférence de presse à Chilmark (Massachusetts), le 15 août 2013.
Le président américain, Barack Obama, donne une conférence de presse à Chilmark (Massachusetts), le 15 août 2013. (JIM WATSON / AFP)

Le président américain a "condamné" les violences de mercredi. Le régime égyptien "craint" que ses propos "puissent encourager les groupes armés violents".

L'Egypte va-t-elle rester un allié stratégique des Etats-Unis dans la région ? Le pays est de nouveau secoué par des violences meurtrières depuis mercredi 14 août, qui ont fait plus de 600 morts, selon un bilan toujours provisoire. Jeudi, le président américain, Barack Obama, a "condamné avec force les mesures prises par le gouvernement intérimaire égyptien", et notamment la réinstauration de l'état d'urgence. Mais sa marge de manœuvre est réduite et les dirigeants égyptiens n'ont guère apprécié ses propos. Voici comment les Etats-Unis ont réagi au "mercredi noir égyptien" et comment l'Egypte a riposté.

Les Etats-Unis condamnent, mais...

"Si nous souhaitons maintenir notre relation avec l'Egypte, notre coopération habituelle ne peut pas continuer comme si de rien n'était lorsque des civils sont tués dans les rues et que les droits régressent", a dit le président américain. Washington se réserve la possibilité de prendre des "mesures supplémentaires", selon ses propos, sans expliquer lesquelles. 

France 2

Des manœuvres militaires conjointes avec l'Egypte, prévues en septembre, ont été annulées, mais les Américains ne sont pas allés jusqu'à couper leur assistance militaire. Les Etats-Unis "vont maintenir" leurs relations militaires avec ce pays, selon le secrétaire d'Etat à la Défense, Chuck Hagel. "Mais j'ai été clair sur le fait que la violence et les mesures inadéquates en direction d'une réconciliation mettent en danger des éléments importants de notre ancienne coopération de défense", a-t-il précisé. L'aide militaire des Etats-Unis à l'Egypte représente 1,3 milliard de dollars par an (970 millions d'euros).

Les Américains incités à quitter le pays, mais...

Malgré une accalmie, jeudi, les Etats-Unis ont fortement incité leurs ressortissants à quitter l'Egypte. "Le département d'Etat avertit les citoyens américains qu'il faut reporter leur voyage en Egypte et ceux qui vivent en Egypte qu'il faut pour l'instant partir en raison des troubles sociaux et politiques", selon un communiqué officiel.

Washington précise cependant qu'il n'organise pas "d'évacuations" par avions affrétés par le gouvernement. Pour ceux qui souhaiteraient rester, le département d'Etat "exhorte avec force les ressortissants américains à éviter toutes les manifestations en Egypte, même celles pacifiques, mais qui peuvent mal tourner, et où un étranger peut être pris pour cible", d'après le communiqué, rappelant qu'un Américain a été tué lors d'une manifestation à Alexandrie fin juin.

L'Egypte riposte

Les dirigeants égyptiens ont critiqué, vendredi, la condamnation par Barack Obama des violences en Egypte. "La présidence craint que les déclarations non basées sur des faits puissent encourager les groupes armés violents", a-t-elle lancé dans un communiqué. "La présidence apprécie le souci des Etats-Unis pour ce qui se passe en Egypte, mais elle souhaite que le sujet soit clarifié, selon le texte. L'Egypte est confrontée à des actes terroristes qui visent les institutions du gouvernement et des installations vitales."

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