Egypte : Le président Sissi ne veut plus d’opposants, laïcs ou islamistes

Le régime égyptien a réprimé les manifestants, le 25 avril 2016.
Le régime égyptien a réprimé les manifestants, le 25 avril 2016. (MOHAMED EL-SHAHED / AFP)

Les autorités égyptiennes ne décolèrent pas contre les manifestants de gauche. Le 25 avril, jour férié commémorant la restitution du Sinaï par Israël en 1982, des mouvements laïcs et de gauche avaient appelé à manifester contre la politique répressive du gouvernement. Réponse du régime: matraques et gaz lacrymogènes. Bilan: une étudiante, percutée par une voiture de police, aurait trouvé la mort.


Il l’avait annoncé tout au long de la semaine dernière : aucune manifestation de contestation ne sera tolérée le lundi 25 avril 2016. Le régime égyptien avait pris les devants: les réseaux sociaux étaient sous haute surveillance, la police arrêtait à tour de bras les activistes et militants de droits de l’Homme qui appelaient à descendre dans la rue pour manifester contre la politique répressive du gouvernement et pour dénoncer la rétrocession controversée de deux îles de la mer Rouge, Tiran et Sanafir, à l'Arabie Saoudite.

 
Le président Abdel-Fattah al-Sissi a voulu rassurer son opinion publique en recevant la classe politique et la société civile le 13 avril, tout en mettant en garde les «semeurs de troubles»: «L’Egypte ne cédera jamais un grain de sable de son territoire. Mais cette terre ne nous appartenait pas et a été rendue à ses propriétaires. Même si cela est douloureux, on ne peut pas garder ce qui ne nous appartient pas.» Les deux îles rétrocédées, Sanafir et Tiran, contrôlent l’entrée du golfe d'Aqaba et donc des ports israélien d’Eilat et jordanien d'Aqaba, explique Al Ahram Hebdo.

 
Comme il l’avait promis, le gouvernement égyptien a massivement déployé la police et l’armée dans la rue. Les forces de l'ordre avaient tout mis en œuvre pour réduire à néant les possibilités de se rassembler. Seules quelques dizaines de personnes ont réussi à se rassembler brièvement avant d’être rapidement dispersées à coups de grenades lacrymogènes.

La presse est tenue à l’écart des évènements. Les forces de sécurité ont interpellé plusieurs personnes, des  journalistes égyptiens et étrangers notamment, finalement rapidement relâchés. Sept journalistes égyptiens seraient encore détenus au Caire. «Le niveau de panique du gouvernement montre qu'il se sent menacé et pense qu'il n'a d'autres options que la répression», a déclaré à l’AFP Leila Seif, une figure de la dissidence. Son fils Alaa Abdel Fattah, un des jeunes leaders de la révolte de 2011 qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, est emprisonné depuis juin 2014 pour avoir bravé une interdiction  de manifester. Al Jazeera annonce, dans un tweet en arabe, la mort d'une femme à Alexandrie après avoir été percutée par une voiture de police. 


Pour la presse gouvernementale (lien en arabe), il ne s’est rien passé le 25 avril 2016, sinon les rassemblements pro-Sissi, très clairsemés, qui commémorant la restitution du Sinaï par Israël  en 1982. 
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