Egypte : le Parlement vote en faveur de la prolongation du mandat de Sissi jusqu'en 2030

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi à Dakar (Sénégal), le 12 avril 2019.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi à Dakar (Sénégal), le 12 avril 2019. (SEYLLOU / AFP)

Ce vote doit être encore validé par un référendum populaire, qui devrait être organisé dans les prochains jours.

Une révision constitutionnelle sur mesure ? Le Parlement égyptien a approuvé, mardi 16 avril, un amendement à la Constitution permettant au président Abdel Fattah al-Sissi, élu en 2014 et accusé de graves violations des droits humains, de rester au pouvoir jusqu'en 2030. Le texte a été approuvé par une majorité des 596 députés, selon des médias officiels égyptiens. La législature, en place depuis 2016, est majoritairement favorable au président.

Abdel Fattah al-Sissi a été élu en 2014 avec 96,9% des voix pour un mandat de quatre ans puis réélu en 2018 avec un score 97,08%. Le nombre de mandat était jusqu'à présent limité à deux. Le nouvel article 140 permet ainsi de faire passer le deuxième mandat d'Abdel Fattah al-Sissi de quatre à six ans, portant ainsi son terme à 2024. Le chef de l'Etat pourrait en outre se représenter en 2024 à un troisième mandat de six ans. Le vote du Parlement doit encore être suivi d'un référendum, qui devrait être organisé dans les prochains jours. 

Les libertés publiques en danger

Outre la durée du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle doit aussi accroître le contrôle du pouvoir judiciaire par l'exécutif et institutionnaliser le rôle politique de l'armée, pilier du régime. Face à la situation, Amnesty International a déclaré que les amendements adoptés allaient "élargir les procès militaires pour les civils, saper l'indépendance de la justice, renforcer l'impunité des membres des forces de l'ordre pour les violations des droits humains, et intensifier le climat de répression qui existe déjà dans le pays".

Cette révision "démontre le mépris du pouvoir égyptien pour les droits de tous en Egypte" a ajouté la directrice adjointe pour le Moyen-Orient de l'ONG de défense des droits humains, dans un communiqué.

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