Egypte : la transition politique bute sur le choix du Premier ministre

Le président égyptien par interim Adly Mansour (au centre) et le leader politique Mohamed El-Baradei (à sa droite), lors d\'une réunion avec les groupes d\'opposition au Caire (Egypte), le 6 juillet 2013.
Le président égyptien par interim Adly Mansour (au centre) et le leader politique Mohamed El-Baradei (à sa droite), lors d'une réunion avec les groupes d'opposition au Caire (Egypte), le 6 juillet 2013. (EGYPTIAN PRESIDENCY / AFP)

Le parti salafiste Al-Nour a annoncé lundi qu'il se retirait des négociations sur la composition d'un gouvernement de transition.

Quatre jours après le coup militaire qui a déposé le président islamiste Mohamed Morsi, les Egyptiens se cherchent toujours un Premier ministre. Après l'annonce puis le démenti de la nomination de Mohamed El-Baradei, les tractations semblent bloquées, lundi 8 juillet. Le parti salafiste Al-Nour a annoncé sur Twitter qu'il se retirait des discussions pour dénoncer le "massacre" de manifestants islamistes devant un bâtiment de la Garde républicaine au Caire, lundi. Des heurts avec l'armée ont fait au moins 35 morts.

L'économiste Ziad Bahaa Eldin pressenti par la présidence

Avant de quitter la table des négociations, Al-Nour a fait part de son opposition à la nomination du haut fonctionnaire choisi par la présidence, Ziad Bahaa Eldin, au poste de Premier ministre. "Ziad Bahaa Eldin sera très probablement nommé Premier ministre et Mohamed El-Baradei vice-président", avait indiqué le porte-parole du président par intérim, Adly Mansour, sur la chaîne privée ONTV. Mais, quelques heures plus tard, le chef d'Al-Nour, Younès Makhyoun, a annoncé qu'il rejetait cette nomination.

Ziad Bahaa Eldin est un technocrate qui a dirigé plusieurs institutions économiques égyptiennes. Sa nomination traduirait une volonté des nouvelles autorités de s'attaquer en priorité aux graves difficultés économiques du pays. Ziad Bahaa Eldin est entré en politique après la chute de Hosni Moubarak, début 2011, en tant que dirigeant d'une formation laïque de centre-gauche, le Parti social-démocrate égyptien. Il a été élu député d'Assiout, une grande ville du centre du pays, fin 2011. Il est le fils d'un écrivain et intellectuel égyptien renommé, Ahmed Bahaa Eldin.

Les salafistes bloquent les négociations

C'est la deuxième fois en deux jours qu'Al-Nour s'oppose à la nomination d'un Premier ministre. Le parti a déjà empêché, dimanche, la nomination du prix Nobel de la Paix Mohamed El-Baradei. Pour ce dernier comme pour Ziad Bahaa Eldin, c'est leur affiliation à la principale coalition de l'opposition, le Front de salut national (FSN), qui pose problème aux salafistes. Le chef d'Al-Nour a expliqué sur la chaîne satellitaire Al-Arabiya qu'il souhaitait la nomination d'un "technocrate qui fasse consensus ou soit accepté par 80% à 90%" des Egyptiens".

Lundi, en réaction aux affrontements meurtriers entre armée et manifestants islamistes, les Frères musulmans ont appelé à un "soulèvement".

Vous êtes à nouveau en ligne