Egypte: la statue «la Mère du martyr» jugée «indécente», le soldat disparaît

Statue «la Mère du martyr»: avant et après la polémique.
Statue «la Mère du martyr»: avant et après la polémique. (Mahmoud Ahmed/AP/SIPA)

L’artiste égyptien Wagih Yani a dû revoir sa copie. Sa statue «la Mère du martyr », représentant un soldat enlaçant une paysanne, a choqué nombre de ses compatriotes qui la jugeaient «indécente». Dans sa nouvelle mouture, le soldat disparaît au profit d’un rameau d’olivier. La polémique, devenue enjeu politique, ne désenfle pas.


«Honteux !», «Cette statue insulte l’Egypte», «C’est humiliant pour tout le peuple», «moralement inappropriée»... les réseaux sociaux égyptiens bruissent de colère. Le sculpteur Waligh Yani ne s’attendait à une campagne aussi violente contre son œuvre. De nombreux Egyptiens y ont vu un «symbole de harcèlement sexuel» quand ce n’est pas un appel au harcèlement ou alors l’apologie de la sexualité. Et d’autres ont cru y voir une «relation indésirable entre l'armée et l'Egypte», d’autant plus – fait aggravant –non loin d’un lycée pour filles.  «la Mère du martyr», haute de 8,5 mètres, qui se voulait un hommage à l’armée défendant la patrie, déclenche une virulente polémique. Les autorités politiques s’en mêlent. 


Un soldat, portant un casque sur sa tête, enlace une paysanne de sa main droite et désigne l’avenir du doigt. Avant même l’inauguration de la statue, l’artiste s’est vu intimer l’ordre par le gouverneur de Haute-Egypte de revoir sa copie. L’affaire est devenue politique, la polémique est remontée en conseil des ministres. «Parfois, je vois un artiste entrer en collision avec la culture de la communauté, nous ne devons pas offenser les sentiments de nos concitoyens. Nous devons tous travailler ensemble. Nous respectons tous nos militaires et notre nation», affirme Ayman Abdel-Monaim, gouverneur de la province.
 
Capture d\'écran Youtube
Capture d'écran Youtube (DR)

La paysanne se sépare du vaillant soldat
En revanche, l’artiste ne comprend pas toute la polémique: «Le soldat représente l’esprit du martyr, il protège l’Egypte de ses ennemis. Ce n’est nullement une insulte pour les citoyens !» Conciliant, il a déjà entamé les modifications. Le soldat disparaît de l’œuvre, remplacé par un rameau d’olivier. La paysanne aura un croissant au-dessus de sa tête, avec des pigeons blancs. Coût de la statue, avant modification : 250.000 livres égyptiennes (25.218 euros).

 
Les autorités égyptiennes ont annoncé avoir pris un arrêté interdisant de placer des statues ou des peintures murales dans toutes les places publiques au Caire et dans les autres gouvernorats sans autorisation pour mettre fin à la polémique. 
Vous êtes à nouveau en ligne