Egypte : les affrontements entre pro et anti-Morsi font 30 morts

Des partisans du président Morsi, le 5 juillet 2013 au Caire (Egypte).
Des partisans du président Morsi, le 5 juillet 2013 au Caire (Egypte). (AMR DALSH / REUTERS)

Les Frères musulmans ont de nouveau appelé à la mobilisation samedi. 

Deux jours après le renversement du président Mohamed Morsi par l'armée, le calme n'est toujours pas revenu en Egypte. Vendredi 5 juillet, jour de prière, chaque camp a avancé ses pions, alors que les affrontements entre partisans et opposants à l'ancien président ont au fait au moins 30 morts et plus de mille blessés, selon un dernier bilan. Francetv info revient sur une journée de tension dans le pays.

Le nouveau pouvoir dissout l'Assemblée nationale

Après avoir prêté serment jeudi, le nouveau président par intérim, Adly Mansour, a consolidé son pouvoir. Il a nommé un nouveau chef des renseignements et dissout l'Assemblée nationale, l'organe qui assurait la totalité du pouvoir législatif et que les islamistes dominaient.

Mais dans le même temps, le nouveau pouvoir a donné des gages aux opposants. En fin de soirée, le procureur général a libéré deux cadres des Frères musulmans, dont l'adjoint du Guide suprême de la confrérie, Rached Bayoumi. Selon l'agence officielle Mena, les deux hommes ont été libérés après que le parquet se soit "assuré de leur lieu de résidence dans le cadre d'une enquête pour incitation au meurtre".

Les Frères musulmans appellent à résister

Alors que son arrestation avait été annoncée la veille par les autorités, le guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, a prononcé un discours devant des dizaines de milliers de ses partisans sur la place Rabaa Al-Aadaouiya, dans le faubourg de Nasr City, au Caire. "Nous resterons dans les rues par millions jusqu'à ce que nous portions en triomphe notre président élu", a-t-il lancé.

Mohamed Badie, le guide suprême des Frères musulmans, le 5 juillet 2013 au Caire (Egypte)
Mohamed Badie, le guide suprême des Frères musulmans, le 5 juillet 2013 au Caire (Egypte) (MOHAMMED ELSHAMY / ANADOLU AGENCY / AFP)
 

"Le coup d'Etat militaire n'est pas valide (...) Je dis à notre grande armée (...) : 'ne tire pas sur ton peuple', a-t-il poursuivi. Notre révolution est pacifique et le restera et si Dieu le veut, notre pacifisme sera plus fort que les balles et les chars." Et de mettre en garde l'armée : "nous avons déjà vécu sous un régime militaire et nous ne l'accepterons pas une nouvelle fois". Samedi matin, les Frères mulsumans ont appelé à de nouvelles manifestations "pacifiques" en soutien au président déchu, Mohamed Morsi.

Des heurts mortels entre pro et anti-Morsi

Au Caire, l'armée a ouvert le feu contre des partisans de Mohamed Morsi, une première depuis mercredi. Devant la caserne de la Garde républicaine, une unité chargée de la protection du président, les militaires ont tiré pour disperser la foule, tuant quatre manifestants.

En début de soirée, le champ de bataille s'est déplacé sur le pont du 6 octobre, à proximité de la place Tahrir. Des affrontements entre pro et anti-Morsi ont fait deux morts et 70 blessés. L'armée a du intervenir pour mettre fin aux violences.

A Alexandrie, les heurts ont fait 14 morts et 200 blessés, selon l'agence officielle Mena. Une cinquième personne a trouvé la mort à Assiout (sud) lors d'affrontements avec les forces de l'ordre. 

Des islamistes attaquent le gouvernorat du Nord-Sinaï

Le Sinaï, la péninsule qui sépare l'Egypte d'Israël, a été le théâtre d'une série d'attaques meurtrières. Des militants islamistes s'en sont pris aux forces de l'ordre de cette région instable. Bilan: cinq policiers et un soldat ont été tués.

Dans la soirée, des partisans armés du président Mohamed Morsi ont attaqué le siège du gouvernorat du Nord-Sinaï, à El-Arich. Ils ont pris le contrôle du bâtiment, abandonné par les forces de sécurité après des échanges de tirs, avant de hisser leur drapeau.

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