Egypte : réunion d'urgence entre les militaires et les forces politiques

Des manifestants sont rassemblés place Tahrir, au Caire (Egypte), le 21 novembre 2011 au soir, pour protester contre le pouvoir militaire. 
Des manifestants sont rassemblés place Tahrir, au Caire (Egypte), le 21 novembre 2011 au soir, pour protester contre le pouvoir militaire.  (AMR DALSH / REUTERS)

L'armée organise une réunion de dialogue alors que le gouvernement a présenté sa démission lundi soir après les violences de ces trois derniers jours.

La crise s'aggrave en Egypte. Après une troisième journée d'affrontements meurtriers entre forces de l'ordre et manifestants place Tahrir, au Caire, une manifestation est prévue mardi 22 novembre. L'armée convoque dans l'après-midi une réunion avec les forces politiques pour tenter de sortir de la crise, après la démission du gouvernement intérimaire lundi soir.

FTVi fait le point sur la situation dans le pays.

• Quelle est la situation mardi, place Tahrir ? 

Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont repris mardi matin dans le centre du Caire. Une manifestation massive est prévue à 15 heures (heure française) sur la place Tahrir, à l'appel de plusieurs mouvements égyptiens, dont la Coalition des jeunes de la révolution et le Mouvement du 6 avril. Les Egyptiens protestent toujours contre le conseil militaire, accusé de vouloir se maintenir au pouvoir, de ne pas tenir ses promesses de réformes et de poursuivre la politique de répression.

Reuters / APTN

• Que risque-t-il de se passer dans les prochains jours ?

Une réunion d'urgence se tient mardi après-midi au Caire entre l'armée et les forces politiques. Un dialogue pour "examiner les causes qui ont aggravé la crise actuelle et les moyens d'en sortir le plus rapidement possible", selon les militaires. Les Frères musulmans, la force politique la mieux organisée du pays, ont annoncé qu'ils allaient participer à cette réunion.

En revanche, ils ont annoncé qu'ils ne participeraient pas à la manifestation de mardi. Une décision qui émane du "souci de ne pas entraîner le peuple vers de nouveaux affrontements sanglants avec des parties qui cherchent davantage de tensions", expliquent-il.

Des dizaines de diplomates égyptiens ont eux appelé à "la fin immédiate des attaques contre les manifestants pacifiques". Les heurts font craindre un regain de violences lors des premières élections législatives, prévues le 28 novembre. 

• L'armée a-t-elle accepté la démission du gouvernement ? 

La situation est confuse. La télévision d'Etat a d'abord annoncé que cette démission lundi soir avait été rejetée par le Conseil suprême des forces armées (CSFA). Mais plus tard dans la soirée, le ministre de l'Information, Osama Haikal, a assuré qu'aucune décision n'avait encore été prise.

Mohamed Hijazi, porte-parole du gouvernement, cité par l'agence officielle Mena, a évoqué les "circonstances difficiles que traverse actuellement le pays" pour justifier cette démission. 

• Quel est le bilan des affrontements ? 

Dans la nuit de lundi à mardi, deux personnes ont été tuées à Ismaïliya, selon des sources médicales de cette ville au bord de la mer Rouge, portant à 26 le bilan des morts depuis samedi. Au Caire, un responsable d'une morgue assure que 21 personnes ont été tuées par balles ou sont mortes d'asphyxie en raison des grenades lacrymogènes. Des centaines de personnes ont aussi été blessées. 

De son côté, le ministère de l'Intérieur a accusé les manifestants d'avoir lancé des cocktails Molotov et tiré avec des fusils de chasse sur les forces de l'ordre, faisant 112 blessés dans leurs rangs.

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