Egypte : au moins sept morts lors des manifestations pour les 2 ans de la révolution

Des Egyptiens manifestent contre le gouvernement en place, vendredi 25 janvier 2013 au Caire.
Des Egyptiens manifestent contre le gouvernement en place, vendredi 25 janvier 2013 au Caire. (KHALED KAMEL / AFP)

L'opposition avait appelé à défiler dans plusieurs villes du pays contre le président Morsi et les Frères musulmans, vendredi 25 janvier.

Journée sous tension en Egypte, vendredi 25 janvier, deux ans jour pour jour après le début de la révolution. Au moins sept personnes ont été tuées dans des affrontements entre manifestants hostiles au pouvoir islamiste et forces de l'ordre. A Suez, six personnes sont mortes lors d'une fusillade et une autre à Ismaïliya, dans le nord-est du pays. 

Plus de 450 personnes ont aussi été blessées dans des heurts dans douze gouvernorats d'Egypte, lors de manifestations contre le pouvoir en place. Si les autorités n'ont pas donné de décompte précis entre manifestants et policiers, le président Morsi a assuré que des policiers figuraient parmi les morts. 

Dans la nuit, le président Mohamed Morsi a appelé ses compatriotes à "rejeter la violence dans les paroles et dans les actes" et a promis que les responsables de ces heurts meurtriers seraient "traduits en justice", dans des messages postés dans la nuit sur ses comptes Twitter et Facebook.

Des locaux des Frères musulmans incendiés

Des rassemblements se sont déroulés dans plusieurs grandes villes du pays, comme Alexandrie (nord) et Assiout (centre). Les manifestants estiment en effet que le président Morsi, et les Frères musulmans qui l'ont porté au pouvoir, ont trahi la révolution. Au Caire, des milliers de personnes ont commencé dès le matin à converger vers la place Tahrir et ses environs, dans le centre du Caire, mais aussi devant le palais présidentiel d'Héliopolis. "A bas le pouvoir du Guide" des Frères musulmans, ont scandé des manifestants, visant directement Mohamed Morsi. 

Francetv info

Signe du climat de tension qui règne dans le pays, le siège local du parti des Frères musulmans dans la ville d'Ismaïliya, sur le canal de Suez, a été incendié vendredi par des manifestants. Des bâtiments publics ont également été la cible des contestataires à Damiette (Nord) et Kafr el-Cheikh (sur le delta du Nil). Des incidents ont aussi eu lieu à Alexandrie, deuxième ville du pays.

Dans la soirée, l'armée a déployé des hommes et des blindés légers pour protéger les bâtiments de la police et du gouvernorat local à Suez, théâtre des plus fortes violences, affirment des témoins et des sources de sécurité. Mais la journée de samedi s'annonce également à hauts risques avec un verdict attendu dans le procès d'un drame du football - plus de 70 morts l'an dernier à Port-Saïd - qui soulève des passions.

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