Les Shebab revendiquent l'assassinat du directeur du port de Bossasso dans le Puntland

Une vue générale, prise le 18 novembre 2013, du port de Bossasso devenu plaque tournant des exportations dans le Puntland.
Une vue générale, prise le 18 novembre 2013, du port de Bossasso devenu plaque tournant des exportations dans le Puntland. (MOHAMED ABDIWAHAB / AFP)

Le directeur maltais du port de Bossasso, le plus important de la région semi-autonome du Puntland, dans le nord-est de la Somalie et géré par un groupe émirati, a été abattu. L’assassinat a été revendiqué par les islamistes radicaux shebab.

"Un homme armé a tué par balle Paul Anthony Formosa" dans l'enceinte du port le 4 février 2019 au matin, a indiqué à l'AFP un responsable sécuritaire local, Mohamed Dahir. "Les forces de sécurité ont tué l'assaillant sur place", a-t-il précisé.

Paul Formosa était le directeur du port de Bossasso pour le compte de la société P&O Ports, une filiale du groupe émirati DP World.

Les Shebab menacent les compagnies qui "pillent les ressources de la Somalie"

Un habitant de Bossasso, Abdukadir Weheliye, a confirmé avoir entendu plusieurs coups de feu en provenance du port dans la matinée, puis avoir vu le corps sans vie d'un homme blanc transporté dans une ambulance.

Les shebab ont revendiqué l'assassinat, dans un communiqué de leur porte-parole Cheikh Abdiazis Abu-Musab. "Cette attaque fait partie d'un plan plus large ciblant les compagnies mercenaires qui pillent les ressources de la Somalie", indique le communiqué.

Le directeur abattu était responsable du port depuis août 2017, selon son curriculum vitae posté sur son compte Linkedin.

Quelques mois auparavant, la filiale de DP World avait signé un contrat de concession de 30 ans pour la gestion et le développement du port, stratégiquement situé sur le golfe d'Aden, entre la mer Rouge et l'océan Indien, à plus de 1 300 km au nord de Mogadiscio.

DP World, qui exploite 78 ports dans plus de 40 pays, a accru son intérêt pour la Corne de l'Afrique, mais plusieurs de ses contrats dans la région ont suscité des polémiques.

Mogadiscio s'inquiète d'une reconnaissance de fait du Somaliland

Ainsi, un accord signé en 2016 entre DP World et les autorités de la République auto-proclamée du Somaliland, dans le nord somalien, pour la gestion et le développement du port de Berbera, a suscité la colère du gouvernement fédéral.

Mogadiscio estime en effet que cet accord donne du poids à la quête par le Somaliland d'une reconnaissance internationale. Le Somaliland s'est déclaré indépendant du reste de la Somalie en 1991, mais n'est officiellement reconnu par aucun pays.

Chez le voisin djiboutien, le gouvernement a ordonné en septembre 2018 la nationalisation du terminal de conteneurs du port de Doraleh, au cœur d'un contentieux depuis plusieurs années entre les deux parties. Le gouvernement de Djibouti estimait notamment que le contrat qui le liait à DP World contrevenait à sa souveraineté nationale.

Ce terminal, situé à l'ouest du port de Djibouti, était exploité depuis sa création en 2006 par DP World sur la base d'une concession de longue durée. Il est essentiel pour l'approvisionnement de l'Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d'Afrique.

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