Le film "Mia et le lion blanc" apporte un regard brutal sur la chasse aux lions d'élevage en Afrique du Sud

Mia (Daniah de Villiers) et son lion Charlie : image du film \"Mia et le lion blanc\", de Gilles de Maistre.
Mia (Daniah de Villiers) et son lion Charlie : image du film "Mia et le lion blanc", de Gilles de Maistre. (Kevin Richardson / Galatee films / Outside Films)

Derrière la jolie carte postale offerte par le film "Mia et le lion blanc", histoire qui se déroule en Afrique du Sud, on découvre la pratique peu connue qui consiste à offrir à de riches chasseurs des lions élevés dans des fermes. 

A travers les relations entre la jolie Mia et son magnifique lion blanc Charlie, les spectateurs découvrent une bien étrange et plutôt abominable pratique qui consiste à élever des lions dans des fermes pour les livrer, une fois adultes, à des "chasseurs" contents de les abattre sans prendre aucun risque. Une pseudo chasse que les Anglo-Saxons qualifient de "chasse en conserve" ("canned hunting") tant le sort du lion est joué d’avance.

Le phénomène n’est pas marginal puisqu’en Afrique du Sud, ces lions d’élevage seraient environ 8000 contre 3000 à l’état sauvage. Selon le journal The Guardian, il existe plus de 160 fermes en Afrique du Sud qui élèvent légalement des fauves. Il faut dire que le business rapporte au pays, puisqu’on estime le chiffre d’affaires de ces canned huntings à quelque 36 millions de dollars par an. 

Comme l'adorable Charlie du film, les lions de ces fermes ont un avenir tout tracé. Petits, ils rapportent déjà puisque les touristes payent pour pouvoir les caresser ou les promener dans la ferme. Lorsque l’animal est adulte, il est sorti de la cage où il a été élevé pour être placé dans une vaste zone fermée, où il va passer quelques heures avant de tomber sous les balles (ou parfois la flèche d’une arbalète, comme on le voit dans le film) d’un chasseur.

Tout ceci est on ne peut plus légal. Il en coûtera au richissime chasseur, venu en général d'Amérique du Nord ou d'Europe, jusqu’à 25.000 livres sterling (31.000 euros) par animal abattu. Pour ramener un trophée, c'est beaucoup moins cher que de chasser un lion sauvage, là où c'est autorisé. Chaque année, environ 800 lions élevés en captivité sont ainsi tués en Afrique du Sud.

Cette industrie est aujourd'hui très largement critiquée par les défenseurs des animaux. De nombreuses associations ou fondations (dont celle qui a participé au film, la Kevin Richardson Foundation) demandent l'arrêt de ces pratiques. 

En 80 ans, la population de lions sauvages est passée de 450 000 à 15 à 20 000 animauxFondation Kevin Richardson

Ces canned huntings pourraient porter atteinte à l'image touristique de l'Afrique du Sud. Résultat : le parlement s'est saisi du dossier. Aucune décision n'a encore été prise sur cette question "susceptible de nuire à l’image du pays", selon le journal sud africain News 24, mais toutes les solutions, y compris l'interdiction de ces élevages, sont à l'étude. 

Plus globalement, ces fermes ne semblent jouer aucun rôle positif dans la conservation de l'espèce. Le lion figure comme espèce "vulnérable" dans la liste des animaux en danger de l’IUCN  tandis que la Fondation Kevin Richardson estime que si la tendance observée actuellement continue, il ne restera plus aucun lion dans la nature dans 20 ans.

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