L’Afrique du Sud pourrait-elle devenir un grand du pétrole en Afrique ?

Exploration de pétrole off-shore (au large des côtes gabonaises) le 9 janvier 2017. 
Exploration de pétrole off-shore (au large des côtes gabonaises) le 9 janvier 2017.  (JUSTIN TALLIS / AFP)

Total, dont le bénéfice net a augmenté de 33% à 11,44 milliards de dollars en 2018, a annoncé le 7 février 2019 avoir réalisé une découverte "importante" d'hydrocarbures au large de l’Afrique du Sud. Il s'agit "probablement d'un gros gisement", dont "l'exploitation s'annonce difficile", a précisé le PDG de Total, Patrick Pouyanné.

La découverte de gaz à condensats (hydrocarbures à l'état gazeux et liquide) a eu lieu dans le bassin de l'Outeniqua, à 175 kilomètres au large de la côte sud du pays, a indiqué le groupe pétrolier et gazier.

"La découverte (du puits) Brulpadda (…) a été réalisée en eaux profondes dans un environnement difficile", a commenté le directeur du service exploration de Total, Kevin McLachlan, cité dans un communiqué de presse. Les équipes de recherche ont travaillé à partir d’"un navire de forage de la dernière génération", selon ce document.

"Le puits a traversé 57 mètres nets de gaz à condensats dans des réservoirs du Crétacé Inférieur. Devant la réussite de l’objectif principal, le forage du puits s’est poursuivi vers l’objectif secondaire de Brulpadda-deep jusqu’à une profondeur finale de 3 633 mètres, qui a également obtenu des résultats positifs", poursuit le communiqué de la compagnie française.

Exploitation difficile

"Il s'agit d'un gisement qui pourrait représenter un volume d'environ 1 milliard de barils, du gaz et des condensats", a commenté de son côté devant la presse le PDG de Total, Patrick Pouyanné, en présentant les résultats 2018 de son groupe. "C'est probablement un gros gisement", a-t-il ajouté, "mais dans une région où l'exploitation s'annonce difficile, avec de fortes vagues et une météo pas très facile". Ces conditions météo difficiles avaient contraint Total à suspendre une précédente campagne de recherches dans ce même secteur en 2014.

La zone ("bloc" en langage professionnel pétrolier) où a eu lieu la découverte "couvre une superficie de 19 000 km2, avec des profondeurs d’eau comprises entre 200 et 1 800 mètres", précise Total.

Elle est exploitée par le groupe pétrolier "qui y détient une participation de 45%, aux côtés de Qatar Petroleum (25%), CNR International (20%) et du consortium sud-africain Main Street (10%)".

Après le succès du puits Brulpadda, les partenaires ont prévu de mener une campagne d'étude sismique puis de forer jusqu'à quatre puits d'exploration.

Les principaux producteurs africains

L’Afrique du Sud a de "faibles ressources" (pétrolières) "prouvées et exploitées", de l’ordre de 20 000 barils par jour (b/j), observe l’Institut français des relations internationales (IFRI). Jusqu'à cette découverte, le pays possédait des réserves estimées en 2016 à 0,1 milliard de barils, selon la même source. Conséquence : cette situation n’a "pas favorisé l’éclosion de nombreuses sociétés locales actives dans l’exploration/production".

En 2017, les principaux producteur africains de pétrole étaient le Nigeria (2,037 millions b/j), l’Angola (1,70 million b/j), l’Algérie (1,64 million b/j) et la Libye (0,85 million b/j).

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