La première ferme automatisée du Mali innove dans le secteur agricole

Sidibé Agrotechniques veut contribuer avec ses serres entièrement contrôlées par ordinateur à améliorer la sécurité alimentaire.

Au Mali, la hausse des températures et la raréfaction des pluies entraînent une désertification des terres arables. Pour lutter contre la perte des surfaces cultivables, Amadou Sidibé, qui se définit comme un "archiculteur", a eu l'idée de créer Sidibé Agrotechniques, une entreprise où la culture des fruits et légumes sous serre est entièrement contrôlée par ordinateur.

La journaliste Arouna Sissoko et la photographe Annie Risemberg de Reuters se sont rendues dans les serres d'Amadou Sidibé. Sept photos illustrent ce propos.

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L'agriculture représente 35% du PIB du Mali, mais l'augmentation des températures associée à la diminution des précipitations ont rendu les réserves d'eau précaires et diminué considérablement la superficie des terres arables. Le changement climatique est l'une des principales causes des déplacements de population. Il menace 80% des Maliens, entraînant pauvreté, famine et affrontements meurtriers entre les communautés.    ANNIE RISEMBERG / REUTERS
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Sur les terres arides du Sahel, la culture des légumes est devenue beaucoup plus difficile qu'il y a 40 ans, quand Amadou Sidibé visitait la ferme luxuriante de son père proche de Bamako. "Au temps de nos grands-pères, il pleuvait et les cycles étaient réguliers. Nous ne contrôlons plus l'eau. Et si nous ne contrôlons plus l'eau, nous ne contrôlons pas l'agriculture", explique-t-il à Reuters.  ANNIE RISEMBERG / REUTERS
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Pour remédier à cette situation, Amadou Sidibé, architecte de formation, a eu l'idée de créer en 2011, après un voyage en Israël où la température est proche du Mali et l'agro-technologie en pointe, la première serre automatisée du pays. Investissement de départ : 458 000 euros, qui lui rapportent aujourd'hui 305 000 euros par an.  ANNIE RISEMBERG / REUTERS
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Sidibé Agrotechniques est une ferme en grande partie automatisée construite à 40 km de Bamako. Le toit nervuré de la structure métallique et en plastique des serres, permet de limiter la quantité de lumière qui y pénètre. Un filet empêche les insectes.    ANNIE RISEMBERG / REUTERS
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Passée de 320 mètres carrés à sa création à cinq hectares aujourd'hui, elle pourrait faire dix hectares, espère Amadou Sidibé. Les ordinateurs contrôlent méticuleusement la température et l'arrosage des plantes. Chaque plant reçoit une quantité précise d'eau et d'engrais, Les légumes et les fruits peuvent y pousser toute l'année. Les 40 000 plants de tomates, par exemple, en produisent vingt kilos au mètre carré.    ANNIE RISEMBERG / REUTERS
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Haby Thera, qui travaille dans la serre, déclare : "Oui, bien sûr, je veux faire la même chose pour moi. Si j'avais les moyens, je n'hésiterais pas à m'engager dans l'agriculture en serre. C'est fantastique et vous ne perdez jamais rien."    ANNIE RISEMBERG / REUTERS
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En une dizaine d'années, Sidibé Agrotechniques est passée de huit salariés à trente, et forme ainsi les agro-techniciens africains du futur. Sa structure intéresse d'autre pays. Il a aussi des clients au Niger, au Tchad, au Cameroun et en France. Il a déjà vendu deux serres à des entreprises dans son pays. "Si rien n'est fait contre le changement climatique, l'Afrique ne pourra pas nourrir ses enfants et cela signifiera la guerre", déclare Sidibé à Reuters.      ANNIE RISEMBERG / REUTERS
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