Hausse des prix du pétrole : une chance pour les pays producteurs africains

Puits de pétrole à Hassi Messaoud (centre-est de l\'Algérie). Avec le gaz, le pétrole est la principale richesse de l\'Algérie.
Puits de pétrole à Hassi Messaoud (centre-est de l'Algérie). Avec le gaz, le pétrole est la principale richesse de l'Algérie. (AFP- Photononstop - Daniel Thierry)

Le prix du pétrole remonte. Il est à son plus haut depuis trois ans. Une chance pour les pays producteurs… mais une mauvaise nouvelle pour les consommateurs. Cette hausse, due notamment à la baisse des stocks aux USA et à la tension américano-iranienne, est une aubaine pour les plus gros producteurs africains, dont l’Algérie, le Nigeria ou l’Angola.


Outre les causes conjoncturelles, la hausse des cours du brut est entretenue par les accords de l’OPEP (pays exportateurs de pétrole) qui tendent à limiter la production afin de faire remonter des prix en chute libre depuis plusieurs années. Les prix du brut, qui évoluaient au-dessus de 100 dollars en juin 2014, s'étaient effondrés pour atteindre moins de 30 dollars début 2016. Ils ont aujourd’hui remonté à plus de 70 dollars le baril.

La reprise des prix du brut devrait avoir des retombées positives dans plusieurs pays africains (une vingtaine de pays sont producteurs), dont les économies sont totalement ou largement dépendantes de leurs exportations pétrolières. L‘Algérie, qui a particulièrement souffert des effets de la chute des cours des hydrocarbures, avait dû prendre des mesures radicales pour équilibrer ses comptes extérieurs, au point de limiter ses importations (900 produits interdits d’importation). Les recettes de l’Algérie dépendent en effet à 95% du pétrole…


Au Nigeria, autre gros producteur africain, la presse indique que cette hausse des cours est une bonne nouvelle pour le budget 2018… qui était basé sur un cours de 45 dollars (soit 25 dollars de moins que le cours actuel). Sachant que le Nigeria produit quelque 2,3 million de baril par jour…

Le ministère du Pétrole à Libreville. 
Le ministère du Pétrole à Libreville.  (Photo AFP/Rieger Bertrand)

La Libye est redevenu un gros exportateur
Un autre pays, dont l’économie dépendait totalement du pétrole, la Libye, déstabilisé par la guerre devrait profiter largement de cette hausse… si elle dure. L’ancien pays du colonel Kadhafi a, malgré les divisions intérieures, réussi à vendre pour 14 milliards d’euros de pétrole en 2016 (selon les chiffres de la Banque centrale libyenne). Avec la hausse des cours, la reprise des exportations libyennes devrait apporter d’importante recettes… sachant que le pays a réussi à produire environ plus d’un million de baril/jour (contre 1,7 avant l’intervention étrangère). Déjà, de grandes entreprises pétrolières internationales sont revenues en Libye qui souhaite porter sa production à 1,5 million de barils/jour en 2018.

Le Gabon peut, lui aussi, se féliciter de la hausse des cours. En effet, ce pays francophone tire une majorité de ses recettes du pétrole. Or le Gabon a vu sa production reculer fortement en 2017. Sur les neuf premiers mois, la production pétrolière nationale a chuté de 7,7%.


La Tunisie en difficulté
Si les pays producteurs peuvent sourire de ces bonnes nouvelles (de leur point de vue), les pays consommateurs ne vont pas être à la fête. Et notamment les pays africains les plus pauvres, dans le Sahel notamment (à l'exception du Tchad qui va peut être pouvoir compter sur de meilleures recettes de son pétrole).  

Parmi les pays qui risquent d'être très touchés par cette hausse des cours, si elle se confirme sur la durée, figure la Tunisie. Le pays, qui fait face à une violente crise sociale, voit les prix des produits pétroliers, plus lourdement taxés depuis le 1er janvier 2018, augmenter fortement. Une difficulté de plus pour ce pays qui doit faire face à de graves difficultés économiques. Le pays a d'ailleurs basé son budget sur un pétrole à 54 dollars. Un prix largement dépassé aujourd'hui. 

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