Ghana et Côte d’Ivoire jettent les bases d’une "Opep" du cacao

Des femmes membres d\'une coopérative de production, à Adzope, au sud de la Côte d\'Ivoire, font sécher les fèves de cacao.
Des femmes membres d'une coopérative de production, à Adzope, au sud de la Côte d'Ivoire, font sécher les fèves de cacao. (ISSOUF SANOGO / AFP)

A la manière de l’Organisation des producteurs de pétrole, Ghana et Côte d’Ivoire ont décidé de faire pression pour fixer le prix de vente des fèves de cacao en bloquant les futures ventes. 

"Historique", car "depuis des années, ce sont les acheteurs qui ont déterminé les prix" explique à l’AFP Joseph Boahen Aidoo directeur du Ghana cocoa board, l’organisation des producteurs ghanéens.
Donc, les deux principaux producteurs mondiaux ont annoncé que pour la campagne 2020/21, ils ne vendront plus de fèves à moins de 2600 dollars la tonne. Les deux pays ont donc suspendu les ventes des récoltes de cette future saison dans l'attente d'un accord. Une façon de de prendre la main pour les producteurs et de faire pression sur les acheteurs.

Car sur le marché du cacao, les ventes se font par anticipation, et de gré à gré. Ainsi, nous explique le site spécialisé Commodafrica, la moitié des fèves de la prochaine campagne en Côte d’Ivoire (2019/2020) sont déjà vendues.

Selon l’Organisation internationale du cacao (ICCO), la récolte mondiale pour la saison 2018/19 devrait atteindre 4,8 millions de tonnes, dont 3,7 en Afrique. La Côte d’Ivoire est le leader incontesté avec 2,2 Mt, loin devant le Ghana qui produit 870 000 tonnes.

Sur un marché mondial du cacao, qui s’élève à 100 milliards de dollars, les producteurs n’en perçoivent que 6 %. "C'est pour cela que nos gouvernements se sont mis d'accord pour offrir aux agriculteurs une juste part de la richesse produite par l'industrie", explique le vice-président du Ghana, Mahamudu Bawumia.

Depuis longtemps les conditions du marché du cacao sont dénoncées. Mainmise des multinationales, hyper précarité des producteurs, aucune valeur ajoutée. Chez les deux géants africains du cacao, la fabrication d’un chocolat local est très anecdotique.

Mais rien ne dit que cette hausse des prix profitera aux producteurs. Du reste, 2600 dollars la tonne ne représente une augmentation que d'environ 50 dollars, soit à peine 2%.

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