Barrage sur le Nil : l'Egypte souhaite une médiation internationale, l'Ethiopie s'y oppose

Des pourparlers se sont tenus le 4 octobre 2019 à Khartoum, au Soudan, entre le pays hôte, l\'Egypte et l\'Ethiopie à propos du barrage de la Renaissance que ce dernier construit sur le Nil (il est également connu sous le nom d\'\"Hidase\" en Ethiopie et de \"Nahda\" en Egypte).
Des pourparlers se sont tenus le 4 octobre 2019 à Khartoum, au Soudan, entre le pays hôte, l'Egypte et l'Ethiopie à propos du barrage de la Renaissance que ce dernier construit sur le Nil (il est également connu sous le nom d'"Hidase" en Ethiopie et de "Nahda" en Egypte). (MAHMOUD HAJAJ / ANADOLU AGENCY)

Les autorités égyptiennes pensent solliciter les Etats-Unis.

L'Egypte a appelé à une médiation internationale au sujet de la construction controversée d'un méga barrage sur le Nil par l'Ethiopie, après des négociations tripartites avec le Soudan à Khartoum, la capitale soudanaise, ayant abouti à une "impasse" selon les autorités égyptiennes. Le Caire souhaite "l'implication d'une médiation internationale dans les négociations sur le barrage de la Renaissance", précise un communiqué publié tard samedi 5 octobre 2019 par le ministère de l'Irrigation, à l'issue des pourparlers. "Les négociations sur le barrage de la Renaissance sont dans une impasse", a ajouté le ministère égyptien, la délégation éthiopienne ayant "rejeté toutes les propositions qui prennent en compte les intérêts de l'Egypte en matière d'eau". L'Egypte craint que la construction du grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil Bleu, entamée en 2012 par l'Ethiopie, n'entraîne une réduction du débit du fleuve, dont elle dépend à 90% pour son approvisionnement en eau.

Au nom de son droit à l'eau !

L'Ethiopie a rejeté le mois dernier une proposition du Caire d’exploiter le barrage. Addis-Abeba n’a pas précisé la quantité d’eau qu'elle libèrerait, mais l’Egypte souhaite un minimum de 40 milliards de mètres cubes d’eau par an. L'Egypte est "déterminée à défendre son droit à l'eau", a affirmé le 5 octobre sur Twitter le président Abdel Fattah al-Sissi.

Yasser Abbas, le ministre soudanais des Ressources en eau, a déclaré que l’Ethiopie avait proposé lors des négociations de remplir le réservoir du barrage d’ici quatre à sept ans. "Un accord a été trouvé sur de nombreux points, mais il y a des désaccords sur lesquels le comité de recherche va travailler", a-t-il déclaré, sans donner plus de détails.

Dans un autre communiqué, la présidence égyptienne a appelé les Etats-Unis à jouer "un rôle actif" pour résoudre le différend, affirmant la nécessaire intervention d'un pays tiers pour "sortir de l'impasse". La Maison Blanche avait exprimé vendredi 4 octobre son "soutien" aux négociations, appelant les trois pays à "faire preuve de bonne volonté pour parvenir à un accord".

Pas d'impasse pour l'Ethiopie

Le ministre éthiopien de l'Eau et de l'Energie Seleshi Bekele a cependant refusé de parler d'"impasse", estimant que des questions en suspens pouvaient encore être résolues. La diplomatie éthiopienne a estimé que la demande de médiation internationale du Caire était "un déni injustifié des progrès" réalisés pendant les négociations."Cela va à l'encontre des souhaits de l'Ethiopie", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Le Nil Bleu, qui prend sa source en Ethiopie, rejoint le Nil Blanc à Khartoum pour former le Nil qui traverse le Soudan et l'Egypte avant de se jeter dans la Méditerranée. Le barrage de la Renaissance est censé devenir la plus grande centrale hydroélectrique d'Afrique, avec une production de 6000 mégawatts.

Des analystes estiment que l'absence d'accord entre l'Ethiopie, le Soudan et l'Egypte pourrait susciter un conflit entre les trois pays et avoir de graves conséquences humanitaires.

Vous êtes à nouveau en ligne