Au Sénégal, travail, commerce équitable et spiritualité rythment la vie de l'ONG des Villageois de Ndem depuis 30 ans

Des disciples de la confrérie musulmane soufie Baye Fall ont transformé le village de Ndem en une oasis de prospérité pour les habitants de la région.

Spiritualité, travail et relations humaines cimentent la vie des disciples de Baye Fall, une branche de la confrérie musulmane soufie des Mourides, et des membres de l’ONG des Villageois de Ndem.

Développer des projets agricoles, créer de nombreuses structures artisanales et offrir des métiers respectueux de l’environnement ont permis à l’ONG d’avoir une économie florissante et d'améliorer les conditions de vie de milliers de personnes.

Dix photos de Zohra Bensemra illustrent ce propos.

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Au Sénégal, Serigne Babacar Mbow, chef spirituel de confession Baye Fall (branche de la confrérie soufie des Mourides) et son épouse d’origine française, Sokhna Aissa Cissé, ont créé en 1985 l’association des Villageois de Ndem, à 120 kilomètres de Dakar. Dans une région en proie à la sécheresse, aux vents du Sahel et à l’avancée du désert, cette association a voulu générer une dynamique collective. Améliorer les conditions de vie des populations, permettre aux villageois d’exploiter leurs terres et développer des activités génératrices d'emplois s’inscrivent parfaitement dans les principes de la mystique Baye Fallcomme définie par Serigne Babacar Mbow. REUTERS / ZOHRA BENSEMRA
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L’association villageoise qui s’est fortement développée au fil des années est devenue en 2006 l’ONG des Villageois de Ndem. Aujourd’hui, elle est pilotée par une assemblée générale constituée de 4 600 adhérents provenant du regroupement de seize villages de la région. Une fois par an, ses membres définissent les grandes orientations et les projets à développer ou à améliorer dans des domaines aussi divers que la santé, l’hydraulique, l'agriculture, l'éducation, l'artisanat, le commerce équitable, l’environnement et la micro-finance. Un baobab trône à l’entrée de Ndem. Emblème du Sénégal et symbole de l’ONG, cet arbre très présent dans la culture populaire africaine est considéré comme sacré.    REUTERS / ZOHRA BENSEMRA
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Certains spécimens du baobab, un arbre qui se gorge d’eau à la saison des pluies et pousse sur un sol sec, peuvent être âgés de 2 000 ans. Il peut fournir plus de 200 fruits (pain de singe) par an qui chacun peut contenir en moyenne 300 graines enrobées d'une pulpe. Après la récolte des fruits, plus d’une centaine de femmes de Ndem et des villages alentours se réunissent pour récupérer les graines et les transformer en poudre. Cette poudre aux nombreuses qualités nutritionnelles, largement utilisée dans l’alimentaire, est de plus en plus sollicitée par les consommateurs étrangers. Et elle permet aussi la fabrication de crème cosmétique.    REUTERS / ZOHRA BENSEMRA
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A l’ONG des Villageois de Ndem, 10% de la population sont issus de la communauté Baye Fall pour qui le travail est associé à une forme de prière. Car si les nombreuses activités permettent une croissance économique à travers des réalisations de développement durable, elles sont aussi la meilleure façon de servir Dieu. "Nous sommes poussés vers l'amour du partage, du travail, en réfléchissant à l'amélioration des conditions de vie dans notre environnement en harmonie avec la nature", a déclaré un de ses membres à Reuters. Cette philosophie a largement contribué au développement de Ndem.    REUTERS / ZOHRA BENSEMRA
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En 1987, l’atelier de couture et la marque Maam Samba ont vu le jour. Les premières créations et confections artisanales ont été mises en vente à Paris. "Traditionnellement, il y avait du coton à Ndem", explique une habitante d’origine franco-américaine arrivée au village en 2003 et citée par franceinfo Afrique en 2017. Elle se souvient encore de sa rencontre avec une grand-mère qui avait une égreneuse traditionnelle : "Au village, tout a commencé avec une machine à coudre rapportée de France par Serigne Babacar. Les agriculteurs sont alors devenus des tailleurs."    REUTERS / ZOHRA BENSEMRA
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Le centre des métiers Maam Samba de Ndem, qui regroupe maintenant une douzaine d'ateliers, fabrique 400 types de produits. Près de 300 salariés, dont 60% sont des femmes, y travaillent quotidiennement, précise le site Artisans du Monde, une association française liée au commerce équitable fondée au début des années 1970.     REUTERS / ZOHRA BENSEMRA
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La majorité des artisans œuvrent dans les ateliers de tissage, de teinture, de confection de vêtements et tissus d’ameublement qui forment la principale filière. Une autre branche pour l’instant moins développée regroupe les ateliers du cuir, du métal, du bois et de la vannerie.      REUTERS / ZOHRA BENSEMRA
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Aujourd'hui, vêtements, linge de maison, parures de lits ou encore coffrets de rangements et petits paniers s’exportent dans le monde entier. Les matériaux sont produits et vendus dans des conditions et dans un cadre équitable à travers un réseau de boutiques au Sénégal mais aussi à l’étranger (France, Italie, Suisse...)      REUTERS / ZOHRA BENSEMRA
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L’une des préoccupations de Ndem concerne bien sûr l’éducation des enfants. Plus de 300 élèves sont scolarisés en primaire chaque année. Crèche, maternelle, collège, bibliothèque et cantine scolaire ont ainsi vu le jour. Au départ, les cours étaient donnés par des bénévoles. Maintenant ce sont des instituteurs d'Etat qui assurent l’enseignement.   REUTERS / ZOHRA BENSEMRA
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Maam Samba Mbow, 22 ans, dont l’arrière-arrière-grand-père a fondé le village, est coordinateur de développement des projets de l’ONG. A la demande des dirigeants mourides, il a déménagé à Mbacke Kadjior, berceau du mouvement Baye Fall, à quelques kilomètres de Ndem. "L'un des principaux objectifs est de vraiment ralentir l'exode rural pour créer une économie locale dynamique qui soit bonne pour les villageois, afin qu'ils puissent avoir une vie heureuse et des activités intéressantes", explique-t-il à Reuters. Tisser des liens entre les communautés, offrir une vie simple fondée sur une spiritualité généreuse, le travail et la solidarité, forment l’essence de l’ONG des Villageois de Ndem.    REUTERS / ZOHRA BENSEMRA
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