Au Maroc, la filière du cheval monte en gamme

En 1912 était créé le premier haras national à Meknès. Deux ans plus tard, le royaume autorisait les courses publiques de chevaux. Après des heures de gloire, la filière équine a décliné avant d’être relancée par la Société royale d'encouragement du cheval. Petit point sur le secteur, élément clé du patrimoine culturel et identitaire marocain.


«Entre 2007 et 2015, l'apport de la filière équine à la production de richesse au Maroc a presque doublé. De 3,4 milliards de dirhams en 2007 à 6 milliards en 2015», s'est félicitée dans un entretien à Medias 24 Mia Bengelloun, responsable business-développement de la Société royale d'encouragement du cheval (Sorec, entreprise publique créée en 2003 sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime),.
 
Ainsi en 2015, selon le média, le marché du cheval a contribué à 0,61% (0,6 milliards d’euros) du PIB du pays et employé 30.000 personnes.

Un secteur en croissance 
Pour Challenge, l’objectif de la Sorec est d’«exploiter le plein potentiel de la filière et valoriser de façon durable le rôle participatif du cheval dans l’économie nationale».
 
Avec une croissance du cheptel de 6.300 chevaux toutes races confondues et une stratégie de rénovation et d’équipement des haras, centres d’entraînement (Bouznika en 2017), clubs équestres et hippodromes (7 dans tout le royaume avec l’ouverture de celui de Marrakech)… le Maroc est aujourd’hui devenu un challenger face aux pointures du secteur que sont les Allemands, les Anglais ou les Français.

 
Il faut dire que la filière vit une véritable mutation depuis 2011, sous l’égide de la Sorec, qui a mis en place un plan décennal jusqu’en 2020, dont les courses constituent le pilier principal. Le Figaro précise qu’il y en a aujourd’hui 2400 par an, en augmentation de 30% par rapport à 2011 (3000 prévues en 2020). Et qu’il existe 560 lieux spécifiques pour parier au Maroc.
 
Avant 2011, la secteur équin était en déclin. Avec un domaine délaissé et un cheptel se raréfiant.
 
Un plan décennal pour redynamiser la filière
Omar Skalli, directeur général de la Sorec depuis 2009, a rapidement mis l’accent sur «le développement de l’utilisation traditionnelle et moderne du cheval, la sauvegarde du cheval Barbe et la professionnalisation de l’organisation des courses». Celui qui a été formé à l’Essec, à Paris, explique les axes de sa mission et le travail accompli depuis sa nomination dans une interview mise en ligne sur le site Cheval du Maroc. Notamment la montée en puissance du pays devenu «le 12e opérateur mondial dans le domaine des paris mutuels» (chiffres de mars 2016).
 
Et ce n’est pas Bouchra Marmoul, première femme jockey du royaume, ou Zineb el Briouil, la relève, qui s’en plaindront. Jeunes femmes dans un milieu d’hommes, elles font elles aussi partie du renouveau du secteur équin marocain. Lequel «compte 277 jockeys pour près de 3.200 propriétaires de chevaux», comme l’indiquait Géopolis Afrique en juin 2017.
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