Afrique du Sud : 214 euros de salaire minimum pour des millions de travailleurs "pauvres"

Des militants syndicaux sud-africains opposés au montant du salaire mimimum qu\'ils jugent trop bas, lors d\'une manifestation en avril 2018 à Johannesburg. 
Des militants syndicaux sud-africains opposés au montant du salaire mimimum qu'ils jugent trop bas, lors d'une manifestation en avril 2018 à Johannesburg.  (MUJAHID SAFODIEN / AFP)

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé l’entrée en vigueur dès janvier 2019 du salaire minimum dans l’ensemble du pays. Sa mise en place est une première en Afrique du Sud, qui possède l'économie la plus industrialisée du continent.

Adoptée fin novembre 2018, la loi fixe le salaire minimum à 20 rands l'heure (1,22 euro), soit 3 500 rands par mois, l'équivalent de 214 euros sur la base de 42 heures par semaine. Selon le gouvernement, le revenu mimimum profitera à quelque 6 millions de travailleurs jugés vulnérables.

Un salaire minimum qui fait débat

La décision d’instaurer un revenu minimum pour les travailleurs est qualifiée de "progrès historique" par le président Ramaphosa. Le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique, est contre cette mesure qui se traduira, selon lui, par "d'importantes pertes d'emplois".


Le Parti des combattants pour la liberté économique de Julius Malema (gauche radicale) et plusieurs syndicats trouvent, en revanche, le montant fixé insuffisant et dénoncent "un salaire d'esclave".

Une dérogation à la loi

70% des travailleurs agricoles et 90% du personnel de maison bénéficieront de cette nouvelle mesure qui arrive cinq mois avant de délicates élections générales. La loi prévoit une dérogation aux entreprises en difficulté financière qui seront dispensées d’appliquer le salaire minimum à leurs employés.

Un chômage de masse 

Le chef de l'Etat peut compter sur le soutien de la plus grande centrale syndicale sud-africaine, la Cosatu, son allié principal.


Cyril Ramaphosa qui a pris la direction du Congrès national africain (ANC), puis celle de l’Afrique du Sud après la démission de Jacob Zuma en février 2018, a promis de combattre la corruption et de relancer l’économie, marquée par un chômage qui frôle les 28%.

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