Djibouti: la zone franche de la discorde entre Dubaï et la Chine

Vue générale du Port de Doraleh à Djibouti, le 4 juillet 2018, dans le périmètre où la Chine a lancé le 5 juillet, en accord avec le gouvernement djiboutien, la construction de la plus grande zone franche d\'Afrique.
Vue générale du Port de Doraleh à Djibouti, le 4 juillet 2018, dans le périmètre où la Chine a lancé le 5 juillet, en accord avec le gouvernement djiboutien, la construction de la plus grande zone franche d'Afrique. (Yasuyoshi CHIBA/AFP)

Une semaine après le lancement à Djibouti du projet chinois de la plus grande zone franche d’Afrique, l’émirat de Dubaï hausse le ton. Il menace d’intenter une action en justice contre la Chine pour construction sur un site saisi illégalement. Une crispation qui intervient à quelques jours du déplacement du président Xi Jinping dans les Emirats arabes unis pour la semaine commerciale de la Chine.


Déjà en conflit avec le gouvernement djiboutien, Dubaï a menacé, le 13 juillet 2018, d'intenter une action en justice contre la Chine pour la construction d'une zone franche près d'un terminal de Djibouti saisi «illégalement», selon lui, à son opérateur maritime DP World (Dubaï Port World).

Une concession longue durée remise en cause par le gouvernement djiboutien 
L'avertissement a été lancé une semaine après le démarrage à Djibouti de la première phase de ce qui doit devenir la plus grande zone franche d'Afrique, un projet développé par la Chine.
 
«DP World se réserve le droit de prendre toutes les mesures légales, y compris des demandes de dommages et intérêts à toute partie tierce qui interfère ou viole ses droits contractuels», a déclaré l'opérateur portuaire dans un communiqué.
 
Le 23 février, Dubaï a accusé le gouvernement de Djibouti d'avoir saisi «illégalement» le terminal de conteneurs Doraleh exploité par DP World, l'un des grands acteurs mondiaux de la gestion des ports.
 
Le terminal de Doraleh est exploité depuis 2006 par DP World sur la base d'une concession de longue durée. Mais le gouvernement de Djibouti a mis en cause en 2014 le contrat en accusant la firme, majoritairement détenue par le gouvernement de Dubaï, d'avoir versé des pots-de-vin à un responsable des ports du pays pour obtenir une concession de 50 ans.
 
L'intérêt accru de DP World pour la Corne de l'Afrique
DP World a réaffirmé que son accord de concession au terminal de Doraleh «restait en vigueur» et a averti que «la saisie illégale de l'installation ne donnait pas le droit à une tierce partie de violer les termes de l'accord de concession».
 
DP World, qui exploite 78 ports dans plus de 40 pays, a accru son intérêt pour la Corne de l'Afrique. Il a conclu en septembre 2016 une concession de 30 ans pour gérer le port de Berbera dans la république autoproclamée du Somaliland.
 
Le 1er mars, DP World et les gouvernements éthiopien et somalilandais ont signé un accord donnant à l'Ethiopie 19% des parts du port. DP World en conserve 51% et le Somaliland 30%.
 
Situé le long d'une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, entre océan Indien et canal de Suez, Djibouti a inauguré en 2017 trois nouveaux ports et une ligne ferroviaire le reliant à l'Ethiopie, dans le cadre de son projet visant à devenir la plateforme commerciale de la région.
 
Djibouti accueille également la seule base militaire chinoise à l'étranger, et Dubaï a lancé son avertissement avant la visite, la semaine prochaine, du président chinois Xi Jinping à l'occasion d'une semaine commerciale de la Chine aux Emirats arabes unis.
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