Des centaines de Marocains manifestent après l'agression sexuelle d'une jeune femme dans un bus

Des manifestants dans les rues de Casablanca, le 21 août 2017.
Des manifestants dans les rues de Casablanca, le 21 août 2017. (STRINGER / AFP)

A Casablanca, où l'agression a été filmée, 300 personnes sont descendues dans les rues. A Rabat, la capitale, 200 autres manifestants se sont réunis.

Près de 300 personnes ont manifesté à Casablanca, mercredi 24 août, pour dénoncer l'agression sexuelle collective dont a été victime une jeune femme dans un bus. La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, a relancé le débat sur les violences subies par les femmes dans l'espace public.

"Je n'ose même pas imaginer le nombre de drames similaires qui se passent tous les jours"

"Nous n'avons pas peur ! Libérez l'espace public !", a scandé la foule réunie sur une place dans le centre de Casablanca. "Personne ne peut rester indifférent, a lancé Fatym Layachi, chroniqueuse et metteuse en scène présente parmi les manifestants. Il se trouve que ce drame a été filmé, on en a entendu parler. Je n'ose même pas imaginer le nombre de drames similaires qui se passent tous les jours dans les bus." 

Une manifestante dans les rues de Casablanca, pour dénoncer les agressions sexuelles subies par les femmes marocaines, le 23 août 2017. 
Une manifestante dans les rues de Casablanca, pour dénoncer les agressions sexuelles subies par les femmes marocaines, le 23 août 2017.  (AFP)

La vidéo, insoutenable, montre une jeune femme se faire agresser sexuellement par une bande d'adolescents à l'arrière d'un bus, sans que personne n'intervienne. Dénudée, en larmes, la victime tente de s'extraire du groupe de jeunes hommes qui l'encerclent, en vain.

Des célébrités parmi les manifestants

Lundi 21 août, les autorités marocaines ont indiqué avoir arrêté six individus, âgés de 15 à 17 ans, soupçonnés d’être les auteurs de l’agression. La police marocaine a également affirmé que la victime, âgée de 24 ans, était atteinte d'un handicap mental. Les autorités affirment qu'elles n'ont reçu aucune plainte, ni de la part de la jeune femme agressée, ni de la part du chauffeur.

"Je me sens concernée parce que j'aurais pu être cette fille, a confié la chanteuse marocaine populaire et engagée Oum, interrogée par l'AFP lors d'un sit-in à Casablanca. Je suis ici pour dire qu'on doit mieux éduquer nos enfants."  En plus de ce rassemblement, 200 personnes se sont aussi réunies à Rabat, la capitale du royaume. 

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