Un écrivain algérien fait condamner en justice un éditeur d'Alain Rey

 Le linguiste français Alain Rey à Paris, le 28 octobre 2015.
 Le linguiste français Alain Rey à Paris, le 28 octobre 2015. (JOEL SAGET / AFP)

L'éditeur d'un livre signé par le lexicographe Alain Rey a été condamné pour "actes fautifs de parasitisme" à l'encontre de l'auteur algérien.

L'affaire remonte à 2014. L'écrivain algérien Salah Guemriche, auteur en 2007 d'un Dictionnaire des mots français d'origine arabe (Seuil) accusait le lexicographe Alain Rey de l'avoir plagié avec son Voyage des mots : de l'Orient arabe et persan vers la langue française, publié chez Trédaniel en 2013. Le TGI de Paris n'a reconnu ni le plagiat, ni l'atteinte au droit moral d'auteur du plaignant. En revanche, le tribunal a indiqué que l'éditeur Trédaniel "a commis des actes fautifs de parasitisme". Selon Salah Guemriche, l'éditeur d'Alain Rey a "indûment profité de son ouvrage", s'épargnant "la rémunération de longues recherches documentaires" et gagnant ainsi un temps précieux.

"Actes de parasitisme"

Le tribunal a condamné l'éditeur d'Alain Rey à verser 10 000 euros à l'auteur algérien "en réparation des actes de parasitisme". Il a en revanche rejeté la demande d'interdiction de réédition du livre d'Alain Rey. L'écrivain algérien réclamait une somme de 50 000 euros en expliquant que le livre de Rey avait "éclipsé le sien, du fait de la notoriété de son auteur et de la qualité de ses travaux qui ont été pillés".

La parution en 2013 de l'ouvrage d'Alain Rey "a définitivement supprimé toute perspective d'une nouvelle réédition" de son dictionnaire, déplorait l'écrivain se déclarant "particulièrement meurtri".

"Publics distincts"

Pour la maison d'édition Trédaniel, les deux ouvrages étaient destinés "à des publics distincts". "Compte tenu du délai de cinq ans entre les parutions respectives des livres, l'ouvrage de Salah Guemriche avait épuisé son attractivité", s'est défendu l'éditeur.

La langue arabe arrive en troisième position parmi les langues auxquelles le français a le plus emprunté, tout juste après l'anglais et l'italien.

Un autre ouvrage, Nos ancêtres les Arabes, ce que notre langue leur doitsigné par le professeur de lexicologie et d'histoire de la langue française Jean Pruvost, est paru en 2017 chez JC Lattès. L'auteur qui recensait 400 mots français issus de l'arabe (il en existe beaucoup d'autres) prenait soin dans son livre de rendre hommage aux travaux de Salah Guemriche et d'Alain Rey.

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