Soudan : Méroé échappe de peu à la montée des eaux du Nil

En septembre 2020, la cité royale, classée au patrimoine mondial de l'humanité, a été menacée par des inondations record dans la région.

Méroé est une cité antique, capitale de l’ancien royaume de Koush pendant plusieurs siècles. L'empire méroïtique (de 350 ans avant J.-C. à 350 ans après) s'étendait sur 1 500 km dans la vallée du Nil, du sud de Khartoum à la frontière égyptienne.

Aujourd’hui, Méroé fait partie du Soudan moderne. En septembre 2020, elle a été menacée par la montée des eaux du Nil. Si des digues ont rapidement été érigées pour faire face au danger, la menace demeure.

8 photos d’Ashraf Shazly illustrent ce propos.

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Située à 200 km au nord de Khartoum, le site antique de Méroé, capitale de l'ancien empire méroïtique, que les Soudanais désignent par le nom d’al-Bajrawiya, a été inscrit en 2003 au patrimoine mondial de l'humanité de l’Unesco. Il est constitué de la nécropole avec ses célèbres pyramides et de la cité royale composée de palais, de temples et de bâtiments administratifs. De nombreux sanctuaires ont été dégagés à l'extérieur de la cité et environ deux cents pyramides sont recensées dans les trois nécropoles. Mais à ce jour, les fouilles n'ont dévoilé qu'une infirme partie de leurs richesses.  ASHRAF SHAZLY / AFP
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Cette année, les pluies abondantes de juillet à septembre ont fait monter les eaux du Nil. Le fleuve a atteint 17,62 mètres, un record absolu depuis plus d'un siècle, date du début des relevés. Les autorités ont déclaré l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire, car ces inondations ont particulièrement été destructrices. 103 personnes sont mortes, des dizaines d’autres blessées. Plus de 70 000 habitations détruites ou endommagées et de vastes terres agricoles touchées, selon les autorités. D'après l'ONU, plus de 550 000 personnes ont été affectées.  ASHRAF SHAZLY / AFP
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Début septembre, la cité royale de Méroé a été menacée par les eaux du Nil, distant de quelques centaines de mètres et séparé par des terrains agricoles. Le gardien du site a immédiatement envoyé des photos de l'intrusion de l'eau dans le site à Mahmoud Suleiman, directeur régional du service d'archéologie pour l'Etat du Nil et responsable du site.  ASHRAF SHAZLY / AFP
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Il s’est immédiatement rendu sur place avec huit inspecteurs et trois volontaires, avec lesquels il a fait ériger deux digues de sacs de sable avant de pomper l’eau. Quelques jours plus tard, le Nil a reculé et le danger a été écarté. "Il n'y a eu aucun dommage. Nous sommes arrivés au bon moment et nous sommes intervenus rapidement. Nous avons protégé les bains et aussi l'ancien mur d'enceinte construit en grès et donc susceptible d'être érodé si l'eau stagne trop longtemps", a dit M. Suleiman.  ASHRAF SHAZLY / AFP
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Il explique à l’AFP : à "chaque saison des pluies, le Nil recouvre (ces terrains), mais cette année il a pénétré dans les limites du site archéologique. Il a atteint l'extérieur des bâtiments." Si des digues ont été rapidement érigées, la menace demeure. "Si l'eau était entrée dans les bains royaux, dont les peintures et les statues ont été récemment restaurées par le German Archeological Institute, cela aurait été une catastrophe. Nous avons réussi" à éviter le pire, précise-t-il.  ASHRAF SHAZLY / AFP
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Les bains royaux à ciel ouvert sont composés de deux pavillons séparés : une salle d'eau et un lieu de détente, peints et décorés de statues. Dans l'antiquité, l'eau fraîche y arrivait du Nil via un système d'adduction. En guise de protection, les bains ont été entourés de murs en briques.  ASHRAF SHAZLY / AFP
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Mais le danger n'est pas totalement écarté pour autant. "Il y a une remontée potentielle de la nappe phréatique et le Nil peut progressivement créer un nouveau bras. Il faut construire une digue solide et pérenne en pierre et béton", déclare Marc Maillot, directeur de la section française de la direction des Antiquités du Soudan en lançant un appel à financer sa construction.  ASHRAF SHAZLY / AFP
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L'objectif actuel, selon les Antiquités soudanaises, est de remplacer les murs entourant les bains royaux par une structure plus légère afin de permettre au public de les visiter et surtout de construire un toit en fer et en brique pour les couvrir.  ASHRAF SHAZLY / AFP
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