Nigeria : les fondeurs d’Igun Street veulent récupérer leurs bronzes

Le site d’Igun Street au Nigeria est mondialement connu pour ses artisans et artistes travaillant le métal. 

Classé au Patrimoine culturel de l'Unesco, le site d’Igun Street au Nigeria est connu mondialement pour ses artisans et artistes travaillant le métal. Le pays, qui réclame depuis des années des bronzes volés au siècle dernier et exposés dans les musées du monde entier, est prêt aujourd’hui à un compromis pour les récupérer

Sept photos d’Akintunde Akinleye et une de Pius Utomi Ekpei illustrent ce propos.

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Amateur d'art, historien, ethnologue ou simple visiteur, toute personne qui se rend à Benin City, la capitale de l'Etat d'Edo au sud du Nigeria, visite le quartier d'Igun-Eronmwon. Celui-ci abrite les industries de fonte de bronze et du laiton et la guilde (coopérative) des fondeurs. Au total, sept familles composent cette guilde. AKINTUNDE AKINLEYE / REUTERS
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Le quartier d’Igun-Eronmwon, plus connu sous le nom d’Igun Street, est l'une des attractions touristiques les plus fréquentées de l’ancien Royaume du Bénin, qui comprenait notamment le Nigeria. On y travaille le métal de père en fils depuis des siècles. Les jeunes garçons sont initiés dès l'âge de quatre ans. Traditionnellement, les femmes ne sont pas autorisées à entrer dans les fonderies. Mais elles peuvent participer au processus de création.   AKINTUNDE AKINLEYE / REUTERS
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Le site est classé au Patrimoine Culturel de l'Unesco. A l’entrée des lieux, on peut lire, gravés avec fierté, les mots suivants: "Guilde des fondeurs de Bronze de Benin City: site du Patrimoine mondial". AKINTUNDE AKINLEYE / REUTERS
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Igun Street est la plus célèbre des 31 guildes de l'Oba du Bénin, Ewuare II, dirigeant du Royaume du Bénin. Aujourd’hui, ce dernier n’a plus de pouvoir mais il garde un rôle consultatif auprès du gouvernement et conserve une très forte influence sur la population edo pour laquelle il possède une nature semi-divine. Son palais se trouve à Benin City. PIUS UTOMI EKPEI / AFP
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Le Nigeria espère depuis de nombreuses années le retour dans ses musées des précieux bronzes pillés dans le palais de Benin City par les troupes britanniques à la fin du XIXe. Aujourd’hui, la grande majorité de ces pièces sont exposées au British Museum de Londres. La plupart des objets ont été fabriqués à partir de bracelets et de pièces en laiton offerts par des commerçants portugais puis refondus. AKINTUNDE AKINLEYE / REUTERS
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Mais pour Crusoe Osagie, le porte-parole du gouverneur de l'Etat d'Edo, il n'est pas normal que ses enfants doivent se rendre à l'étranger pour admirer le patrimoine de leur pays. Aujourd’hui, le Nigeria pourrait accepter d’emprunter ses bronzes aux musées occidentaux, explique Reuters, plutôt que d'exiger leur retour définitif au pays. Un compromis qui pourrait permettre de régler les nombreux conflits autour des butins coloniaux. AKINTUNDE AKINLEYE / REUTERS
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  Mais Eric Ogbemudia, 62 ans, le secrétaire général de la Guilde, a plus de 30 ans d’expérience. Dernier d'une longue lignée de sculpteurs, il demande lui aussi que les bronzes soient restitués. "Nous serons heureux quand ces œuvres volées seront ramenées. (…) Ce sont les créations de nos ancêtres. Elles sont uniques." AKINTUNDE AKINLEYE / REUTERS
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Chaque année, la guilde organise un carnaval pour présenter ses créations. Les différentes pièces sont portées lors d’une procession se rendant d’Igun Street au palais de l'Oba, en présence d’une centaine de chefs du Royaume du Bénin. Pendant le carnaval, les touristes bénéficient d’une réduction de 20% sur leurs achats. Malgré la reconnaissance internationale d’Igun Street, ses revenus sont en baisse en raison du manque d'engagement du gouvernement fédéral et des Etats, explique Best Naira News. AKINTUNDE AKINLEYE / REUTERS
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