Le Maroc veut protéger les vestiges de Volubilis, longtemps négligés et pillés

Près de la ville de Moulay Driss Zerhoun, au centre du Maroc, s’étend sur 42 hectares le site romain de Volubilis, le plus important du pays.

Longtemps pillée et négligée, la cité antique Volubilis, classée au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 1997, est désormais protégée. La préservation de ses trésors pour des touristes de plus en plus nombreux est devenu une priorité pour le Maroc.

15 photos de Manuel Cohen illustrent ce propos

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Volubilis est un site touristique très prisé, avec en moyenne 200.000 visiteurs par an, depuis l'ouverture d'un musée en 2013. En 2017, leur nombre a atteint 300.000. Un record. MANUEL COHEN/AFP
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Aujourd’hui, les autorités mettent tout en place pour préserver et protéger les vestiges des nombreux pillages. MANUEL COHEN/AFP
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Le site a été fondé vers le IIIe siècle avant J.-C. par une communauté berbère. Il a "connu plusieurs civilisations", dont une florissante période romaine et une brève restauration par les conquérants arabes, explique à l'AFP, M'Hamed Alilou, topographe-dessinateur et conservateur adjoint des lieux. Il abrita jusqu'à 15.000 habitants. MANUEL COHEN/AFP
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Un arc de triomphe, une basilique, des thermes et un capitole témoignent également de la présence romaine entre 42 et 285 après Jésus Christ. MANUEL COHEN/AFP
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Quand la dynastie arabe des Idrissides décida de faire de Fès sa nouvelle capitale à la fin du VIIIe siècle, Volubilis fut abandonné et tomba dans l'oubli. Par la suite, elle attira de nombreux voleurs. MANUEL COHEN/AFP
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A la fin du XVIIe siècle, le sultan marocain Moulay Ismaïl aurait envoyé des milliers d'esclaves s'emparer du marbre et de colonnes de la cité antique pour la construction de son palais de Meknès, à 30 kilomètres de là. MANUEL COHEN/AFP
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"Sur la piste menant de Volubilis à Meknès, on a trouvé des chapiteaux abandonnés par des esclaves qui ont pris la fuite dès qu'ils ont appris que Moulay Ismaïl était mort", raconte M'Hamed Alilou. MANUEL COHEN/AFP
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M'Hamed Alilou poursuit: "Au début du XXe siècle, en 1915, des archéologues commencent à exhumer les vestiges de Volubilis et des travaux de restauration sont engagés. Mais la période coloniale française (1912-1956) marque aussi un regain des pillages." MANUEL COHEN/AFP
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Après l'indépendance du Maroc, la disparition en 1982 d'une statue en marbre de Bacchus, dieu du vin dans la mythologie romaine, défraie la chronique. Alerté, le roi Hassan II ordonne que l'on retrouve Bacchus et dépêche une armée de gendarmes interroger les habitants de la région.  MANUEL COHEN/AFP
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La presse marocaine raconte que des paysans, qui ne "connaissaient Bacchus ni d'Ève ni d'Adam", furent "interrogés, malmenés et tabassés". En vain, car la statue n’a jamais été retrouvée. "Les gens d'ici en sont encore traumatisés", témoigne un habitant de Moulay Driss Zerhoun. MANUEL COHEN/AFP
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En 2006, une partie d'une mosaïque a été arrachée du site, selon le magazine d'histoire Zamane, tandis qu'en 2011, un homme fut arrêté alors qu'il tentait de voler une pièce en bronze de l'époque romaine, présentée comme un "chef-d’œuvre très rare". MANUEL COHEN/AFP
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Mohammed Charroud, chercheur en géologie à la faculté des sciences de Fès, a raconté en 2013 au quotidien marocain Le Matin qu'il rencontrait "souvent", lors de ses recherches à Volubilis, des "caravaniers qui s'installent à proximité du site à la recherche d'objets anciens de valeur". MANUEL COHEN/AFP
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Même si le conservateur du site, Mustapha Atki, tempère: "Il y a toujours eu un travail quotidien d'entretien et de restauration". Selon lui, "ce qui se dit sur le pillage est parfois exagéré". MANUEL COHEN/AFP
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De son côté, M'Hamed Alilou précise: "Le site est clôturé, entretenu et bien surveillé. On a une équipe de 14 gardiens qui travaillent jour et nuit, des caméras partout". MANUEL COHEN/AFP
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Il ajoute: "Un tiers du site, notamment la partie ouest correspondant à la période islamique, n'a pas encore été fouillée et promet la découverte de nombre de richesses archéologiques." De nouvelles convoitises pour les pilleurs. MANUEL COHEN/AFP
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