"Frapper le fer. L’art des forgerons africains", 230 œuvres exposées au musée du Quai Branly à Paris

Le travail du fer, art millénaire et magique, confère puissance et prestige. L'exposition "frapper le fer, l'art des forgerons africains" nous invite jusqu'au 29 mars 2020 à découvrir le rôle central du forgeron dans l'histoire et la culture africaines. 

Houes, charrues, lances, outils, bijoux, instruments de musique, fétiches... Le musée du Quai Branly-Jacques Chirac propose jusqu’au 29 mars 2020 un panorama inédit du savoir-faire des forgerons africains. Deux-cent trente œuvres qui témoignent de leur inventivité et virtuosité.

Le fer aide à chasser et à pêcher, à armer les guerriers, à favoriser les récoltes, à organiser les rites de passages, à faire de la musique, mais aussi à gérer les conflits, identifier les chefs… Depuis 2 500 ans, il est au cœur de toutes les activités des sociétés de l’Afrique subsaharienne.

Les gisements de fer et le travail du métal ont donné un avantage économique et politique à ceux qui le contrôlaient et sont à l’origine de plusieurs royaumes africains. Qui pratique la métallurgie, maîtrise l’art de la guerre, la chasse, la fertilité agricole, la médecine, la musique et bien d’autres choses.

Craints ou vénérés, les forgerons ont joué un rôle central dans les civilisations africaines. A celui qui possède le savoir du fer, vont le prestige, la richesse, mais également le pouvoir politique. 

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Le fer aide à chasser les animaux, à armer les guerriers, à faire de la musique, à faire pousser les récoltes, mais aussi à gérer les conflits, identifier les chefs… L’artisan qui a créé ce magnifique symbole d’autorité possédait une grande maîtrise du travail du bois et des métaux. Par les multiples techniques qu’elle présente (incrustation, ciselure, gravure, gaufrage…), cette hache témoigne d’une grand savoir-faire. Il s’agit d’un objet de prestige pour son propriétaire, comme pour son forgeron. MUSEE DU QUAI BRANLY - JACQUES CHIRAC, PHOTO THIERRY OLLIVIER, MICHEL URTADO
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Ornée d’un manche figuratif et d’une lame fendue sur sa longueur, cette herminette cérémonielle (à gauche) appartient à un dignitaire pende (RDC). Loin d’être cantonné à une sculpture en bois, l’outil devait symboliser le caractère de son propriétaire. A droite, le pommeau crache une lame comme une langue. On peut voir à sa base l’oiseau qui rappelle qu’un chef fait preuve de hauteur de vues, qu’il maîtrise son domaine. Autrefois chez les Pende, une seule personne assumait les rôles du forgeron et du sculpteur. COURTESY RICHARD H. SCHELLER, PHOTOGRAPHIE ROBERT A. KATO / COURTESY THE METROPOLITAN MUSEUM OF ART, NEW YORK
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La faucille (à gauche) et la houe sont d’une grande importance pour l’agriculture africaine. Elles représentent l’abondance des récoltes. Le fer a, durant des siècles, aidé les Africains à se procurer de la nourriture, à chasser et à labourer. Au Nigeria, ces pointes en fer (à gauche), censées apporter la pluie, étaient plantées dans le sol pour canaliser la force de vie de la terre. Ces bâtons de pluie appartenaient aux populations gan et lobi. FOWLER MUSEUM AT UCLA. PHOTOGRAPHE DON COLE
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Réalisée pour honorer les ancêtres et les chefs, cette lance figurative (à gauche) porte sur toute sa longueur des détails, minutieusement forgés, indiquant le rang social élevé de son propriétaire. Le roi forgeron, en produisant des armes et des outils, sera le garant de la sécurité et de la fertilité du royaume. Le travail du fer est lié à la puissance politique et militaire. MUSEE DU QUAI BRANLY - JACQUES CHIRAC, PHOTO PATRICK GRIES / COURTESY PRIVATE COLLECTION, PHOTOGRAPHIE PAR NATHALIE ET ALAIN SPELTDOORN
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Trois instruments de musique sont présentés ici. Les cloches (à gauche), que l’on frappe latéralement avec des baguettes de tambour, sont aussi appelées gongs. Elles tiennent lieu d’emblèmes militaires et politiques. Le timbre propre à chaque cloche permet d'obtenir des notes de musique variées lors des cérémonies. Ce piano à pouces (à droite), ou “lamellophone”, est souvent utilisé pour rythmer poèmes et contes.   FOWLER MUSEUM AT UCLA. PHOTOGRAPHE DON COLE / COURTESY THE CLEVELAND MUSEUM OF ART
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Les outils de fer furent valorisés pour devenir des objets de prestige, des objets sacrés. Ils offrent une identité sociale et esthétique. Les objets métalliques sont également utilisés comme une monnaie, pour les échanges économiques ou les compensations matrimoniales (dots). COURTESY DE JOEL ET ZACHARY COONER
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La maîtrise du feu et du fer a toujours été nimbée de mystère. Ce fétiche de bois et de clous vise à conjurer les événements malheureux. Pour le peuple Kongo, le chien est un intermédiaire entre le monde des morts et celui des vivants. Grâce à son flair, il peut traquer les forces négatives. Le forgeron, comme un magicien, transforme la matière et joue avec le feu. Il maîtrise le feu, l’air, le métal. MUSEE DU QUAI BRANLY - JACQUES CHIRAC, PHOTO CLAUDE GERMAIN
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Les forgerons ont le droit, comme la famille royale, de porter un signe distinctif piqué dans le bonnet. Au 19e siècle, de nombreux Congolais, hommes et femmes, piquaient d’élégantes épingles en fer dans leurs splendides coiffures. Les forgerons africains transformaient aussi le minerai de fer en objets d’émancipation et d’expression artistique.   AMERICAN MUSEUM OF NATURAL HISTORY / COURTESY BARBIER-MUELLER MUSEUM, GENEVA - STUDIO FERRAZZINI-BOUCHET PHOTOGRAPHIES
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