Cinewax inaugure le festival du cinéma africain en ligne

Affiche du Online African Film Festival (OAFF)
Affiche du Online African Film Festival (OAFF) (Cinewax)

Un festival du cinéma africain... en ligne. Grâce à une plateforme numérique active pendant un mois, les cinéphiles pourront visionner une trentaine d’œuvres réalisées par des cinéastes d'Afrique et de sa diaspora.


Un festival en ligne pour promouvoir le cinéma africain. L'idée a germé à Cannes en mai 2018. A l'instar de beaucoup d'Africains qui suivent le prestigieux rendez-vous du septième art, Jean Fall a constaté la très faible présence des œuvres du continent. Six mois plus tard, Cinewax, l'association que l'entrepreneur culturel franco-sénégalais de 26 ans a créée, propose le Online African Film Festival (OAFF). C'est, selon ses organisateurs, le premier du genre.

Cinewax, dont l’ambition «est d’implanter les films africains dans les salles de cinéma et de les promouvoir», est déjà à l’origine d’une soixantaine d’événements culturels en Ile-de-France. Mais «nous avons décidé d’aller plus loin, de sortir de l’Ile-de-France et de la France en créant un festival en ligne pour les films africains», explique Jean Fall. «La culture est un bon moyen de changer les choses et d’avoir un impact réel sur les mentalités». 

Trente jours au rythme des films africains
Courts métrages, fictions et documentaires... Au total, une trentaine de films sont à découvrir. Les cinéphiles ont accès à la programmation via une plateforme de streaming accessible pendant 30 jours (du 15 novembre  au 15 décembre 2018) pour 8 euros ou son équivalent dans une quinzaine de pays en Afrique, en Europe et en Amérique.  

Les films sont répartis en cinq catégories: «documentaire», «diaspora(s)», «classiques», «short film» et «sélection officielle». Dans cette dernière section, on retrouve entre autres Ali, la chèvre & Ibrahim de l'Egyptien Sherif El Bendary, Félicité du Sénégalais Alain Gomis, I am not a Witch de la Zambienne Rungano Nyoni et Les Initiés du Sud-Africain John Tengrove. La ligne directrice de cette première édition du festival se résume en un mot - «africanité» - et à une question: «Qu’est-ce qu’être Africain aujourd’hui?», rappelle Jean Fall.

Le OAFF bénéficie d’un lancement officiel dans une dizaine de pays, comme ce fut le cas à Paris le 14 novembre 2018. Le cinéma africain sera ainsi célébré de Bruxelles à San Francisco en passant par New York, Dakar, Abidjan ou encore Le Caire. 


Le festival dédié au cinéma africain sera aussi marqué par une compétition. Le jury, qui départagera notamment les longs métrages de fiction, est composé de la réalisatrice kényane Wanuri Kahiu (Rafiki), de la productrice américaine Tilane Jones, de l’actrice et productrice française France Zobda et du comédien nigérian Richard Mofe Damijo. 

«La promotion des films africains est une vraie problématique et cette plateforme numérique est un moyen de s'affranchir de toutes les barrières, a confié France Zobda à Géopolis Afrique. Ma présence est le symbole d'une passerelle, d'une transmission de l'ancienne à la nouvelle génération. Il est temps qu'on fasse ce lien. J'ai l'impression que moi, je connaissais mes aînés, mais que ce n'est pas le cas de mes cadets. Il est temps qu'on se donne la main et qu'on fasse une vraie passation.» 

«Les jeunes sont la relève, ajoute-t-elle. Je suis là pour soutenir la jeunesse (...). C'est la raison pour laquelle j'encourage Cinewax et ce festival.» Les organisateurs de l'événement espèrent, eux, attirer «100.000 utilisateurs» durant ces trente jours consacrés aux films africains.  

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