Victimes de réseaux criminels, un nombre croissant d'Ivoiriennes arrivent en Italie

Migrants africains à leur arrivée sur l\'île italienne de Lampedusa. L\'OIM relève ces derniers mois l\'arrivée en Europe d\'un grand nombre de femmes, notamment ivoiriennes et nigérianes, souvent victimes de réseaux de traite. Photo prise le 6 juillet 2019. 
Migrants africains à leur arrivée sur l'île italienne de Lampedusa. L'OIM relève ces derniers mois l'arrivée en Europe d'un grand nombre de femmes, notamment ivoiriennes et nigérianes, souvent victimes de réseaux de traite. Photo prise le 6 juillet 2019.  (- / LOCAL TEAM )

L'Organisation internationale pour les migrations relève l’arrivée massive en Europe de femmes originaires de Côte d’Ivoire. Exploitées en Tunisie ou en Libye, elles espéraient trouver un travail en Italie, mais restent, même en Europe, victimes de réseaux d’exploitation, voire de prostitution.

Alors que le nombre de migrants en provenance de Côte d'Ivoire est en baisse ces dernières années, le pourcentage de femmes ivoiriennes arrivant en Europe augmente fortement. Il est passé de 8% en 2015 à 46% en 2019, constate dans un rapport l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). 

"Nous avons des raisons de croire que beaucoup de ces filles sont malheureusement victimes de traite à des fins d'exploitation par le travail et parfois même sexuelles", explique Laurence Hart, directrice du Bureau de coordination pour la Méditerranée de l'OIM.

"Nombreuses sont celles, recrutées dans leur pays pour travailler comme domestiques ou serveuses, qui deviennent victimes de servitude domestique une fois arrivées en Tunisie ou en Libye, où elles sont soumises à des abus, à la violence et à la privation de leur liberté, et forcées de subir des abus sexuels par leurs exploiteurs."

Exploitées en Tunisie, puis de nouveau en Italie

Une fois la Tunisie ou la Libye atteintes, ces femmes sont employées en tant que domestiques, où en plus d’être exposées à des conditions de travail et de logement dégradantes, à des horaires de travail prolongés et à des mauvais traitements fréquents, elles sont souvent obligées de subir des abus sexuels de la part de leurs exploiteurs.

A ce stade, l’Europe n’est pas encore la destination finale : elle le deviendra dans l’intention d’échapper à l’exploitation et aux abus. "Ce phénomène commencé en Tunisie se reproduit par l’exploitation en Europe, organisée par des personnes qui se disent prêtes à assumer les coûts de la traversée de la Méditerranée, mais qui vont ensuite exploiter les victimes dès leur arrivée en Italie ou dans d’autres pays de l'Union européenne."

Ainsi, après avoir atterri en Italie, elles retombent sous la coupe des réseaux de passeurs et de traite. Sans papiers d’identité, elles sont dans l’illégalité, ne peuvent se soigner et doivent se cacher de la police et s’en remettre parfois à "un protecteur". Conscientes de pouvoir subir une nouvelle condition d'exploitation, certaines de ces victimes ont décidé de solliciter l'aide de l'OIM pour enfin se libérer de leurs bourreaux.

"On ne peut s'empêcher de penser aux filles ivoiriennes décédées le 7 octobre dernier lors du naufrage survenu au large des côtes de Lampedusa, une tragédie qui nous rappelle l'autre incident dramatique qui a causé la mort de 26 Nigérianes, y compris celles de l'année dernière, en 2017, probablement victimes de la traite", affirme l'OIM dans son dernier communiqué.

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