Côte d'Ivoire : des militaires tirent en l'air dans plusieurs villes, un mutin tué à Yamoussoukro

La garde républicaine ivoirienne patrouille dans les rues de Bouaké (Côte d\'Ivoire), le 14 janvier 2017.
La garde républicaine ivoirienne patrouille dans les rues de Bouaké (Côte d'Ivoire), le 14 janvier 2017. (SIA KAMBOU / AFP)

Cinq villes ont été touchées par ces manifestations de colère des soldats, selon les médias ivoiriens.

Des coups de feu tirés par des soldats mécontents ont à nouveau résonné, mardi 17 janvier, dans plusieurs villes de Côte d'Ivoire, selon l'AFP, quatre jours après un accord financier trouvé entre le gouvernement et des militaires qui s'étaient mutinés au début du mois.

Un soldat mutin a été tué par la garde républicaine devant le camp de ce corps d'élite à Yamoussoukro, la capitale. Une source proche du ministère de la Défense a confirmé cette information. Le mutin faisait partie des militaires qui avaient commencé à protester en tirant en l'air dans la matinée.

Au total, cinq villes – dont Bouaké et Yamoussoukro – ont été touchées par ces manifestations de colère des soldats, selon les médias ivoiriens. Ces tirs étaient majoritairement l'œuvre de soldats ou gendarmes qui ne sont pas concernés par l'accord trouvé vendredi soir. Selon cet accord, 8 500 anciens rebelles intégrés dans l'armée devraient toucher chacun 12 millions de CFA (18 000 euros) d'ici la fin de l'année.

Ils réclament une prime semblable à celle accordée aux anciens rebelles

A Yamoussoukro, des soldats circulaient en tirant dans le centre-ville et rackettaient les habitants, notamment sur la route nationale Abidjan-Bouaké, principal axe du pays, qui traverse la ville. "Ils circulent en ville à bord de cargos [camions militaires]. Ils arrachent [volent] des véhicules" a affirmé Ahmed Ouattara, un garagiste de Yamoussoukro. "J'ai préféré rentrer chez moi. Ils volent des véhicules", a affirmé à l'AFP un habitant, Koffi Germain. "Nous nous cachons, il y a beaucoup de tirs", a ajouté un fonctionnaire sous couvert d'anonymat.

Selon plusieurs témoins, ces tirs étaient l'œuvre de soldats venus de la caserne de Zambakro, à une dizaine de kilomètres de Yamoussoukro – et qui ne sont donc pas d'anciens rebelles –, afin de réclamer une prime semblable à celle promise à leurs collègues.

A Bouaké, épicentre de la mutinerie du début du mois, les gendarmes, également non concernés par l'accord, ont aussi commencé à tirer pour réclamer de l'argent. Leur camp a été ensuite encerclé par des soldats (d'anciens mutins) dont certains avaient commencé à retirer leurs paiements dans les banques mardi matin, a constaté un journaliste de l'AFP. Des tirs ont été entendus à Dimbokro (50 km de Yamoussoukro) selon une habitante jointe par l'AFP, mais aussi à Man et Daloa, selon des médias ivoiriens.