Côte d'Ivoire : dans la région de Duékoué, les exactions continuent

(Radio France © France Info)

Les pillages et les exactions se poursuivent à l'ouest de la Côte d'Ivoire. A Duékoué et ses environs, 85.000 déplacés, qui ont tout perdu, s'entassent dans des camps de fortune. Celui de la mission catholique est le plus grand d'entre eux : il accueille 25.000 personnes, dont 6.000 enfants et 200 femmes enceintes. Diarrhées, fièvre, malnutrition : ces réfugiés manquent de tout. Il n'y a plus de médicaments.

MISSION CATHO
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A l'entrée de la mission catholique de Duékoué, des casques bleus montent la garde. Selon un responsable de l'Onu, les 25.000 réfugiés qui s'entassent dans un enchevêtrement de tentes, les pieds dans la boue, sont tous "traumatisés ".

Le récit des rescapés est toujours le même. "Il y a eu 40 morts dans mon village, témoigne un homme au micro de France Info. Je ne pense pas pouvoir y retourner un jour ." Un autre confie à l'AFP qu'il préfère "mourir de faim, en groupe, ici, plutôt qu'être tué individuellement dehors ".

Une assiette de riz deux fois par jour

Diarrhées, fièvre, pathologies liées à la malnutrition : malgré la présence, sur place, d'organisations humanitaires comme Médecins Sans Frontières, la Croix-Rouge ou Action Contre la Faim, les moyens manquent. Les enfants mangent une assiette de riz deux fois par jour.

Selon de nombreux témoignages, les exactions et les pillages se poursuivent. "On tue des gens dans la brousse", confie un témoin.

L'Onu juge la situation humanitaire "catastrophique". Les Nations unies estiment que "plusieurs centaines" de personnes sont mortes dans les massacres au début du mois d'avril.

L'organisation Human Rights Watch, dans un rapport publié à New York, estime que ce sont les forces loyales à Alassane Ouattara, le président ivoirien reconnu par la communauté internationale, qui ont tué ou violé des centaines de personnes et brûlé des villages, fin mars, dans l'ouest du pays.

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