Cuba : privés de bourses, des centaines d'étudiants du Congo sont menacés d'expulsion

Etudiants de l\'Ecole de médecine latino-américaine (Elam) de La Havane, le 14 octobre 2013. Des centaines d\'étudiants africains sont formés chaque année dans cette université de réputation mondiale.
Etudiants de l'Ecole de médecine latino-américaine (Elam) de La Havane, le 14 octobre 2013. Des centaines d'étudiants africains sont formés chaque année dans cette université de réputation mondiale. (ADALBERTO ROQUE / AFP)

La police cubaine est intervenue le 8 avril 2019 sur un campus de La Havane pour disperser une manifestation d'étudiants congolais. Ces futurs médecins réclament de leur gouvernement le versement de leurs bourses, non payées depuis des mois.

Cela fait des semaines que des centaines d'étudiants du Congo se rassemblent devant leur ambassade à La Havane pour réclamer le paiement des bourses, dont ils sont privés depuis 27 mois. En grève depuis deux semaines, ils n'assistent plus à aucun cours. Une situation qui embarrasse les autorités cubaines. Mais selon elles, c’est au gouvernement congolais de résoudre ce problème. 

Ce n'est pas la première fois que ces étudiants manifestent ainsi, mais jusqu'à présent aucun fait de violence n'avait été enregistré, ni d'intervention de la police. Cette fois, plusieurs étudiants ont été légèrement blessés. On estime à 2000, le nombre d’étudiants originaires du Congo, envoyés faire des études à Cuba depuis 2013.

Une génération de médecins menacée

Selon un communiqué du ministère cubain, le retard de paiement est dû à des "difficultés rencontrées par le ministère de l'Education supérieure" congolais. Si Cuba accueille chaque année des centaines de jeunes pour étudier la médecine, réputée pour sa qualité, l'île communiste envoie également des milliers de médecins cubains exercer en Afrique et en Amérique latine. Ce serait même une de ses toutes premières sources de devises avec le tourisme, selon des chiffres officiels. Le Kenya en a ainsi reçus une centaine en 2018.

Après des mois de tergiversations, Brazzaville aurait toutefois accepté de verser six mois de bourses, mais pas la totalité des mois réclamés (jusqu'à 27). Les étudiants de La Havane ont pour le moment refusé "ce compromis". Pour ces futurs médecins, "la politique des autorités congolaises est une aberration", "c'est l'avenir du pays qui est en jeu. Un pays aujourd'hui incapable de soigner sa population."  Surtout qu'en échange de ces bourses, ces étudiants s’engagent à rentrer au Congo qui manque d'ingénieurs et de médecins.

Si le contentieux entre La Havane et Brazzaville se poursuit, Cuba pourrait décider de renvoyer l'ensemble les étudiants congolais chez eux.

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