La Centrafrique va engager "des poursuites" contre les militaires français soupçonnés de viols d'enfants

Un soldat français de l\'opération Sangaris, le 4 juin 2014, à Bangui (Centrafrique).
Un soldat français de l'opération Sangaris, le 4 juin 2014, à Bangui (Centrafrique). (MARCO LONGARI / AFP)

Le ministre de la Justice a annoncé cette décision mercredi. Il s'agit de la première réaction officielle du gouvernement centrafricain depuis le début de l'affaire.

La Centrafrique n'entend pas en rester là dans l'affaire des militaires français accusés de viols d'enfants. Le ministre de la Justice centrafricain a annoncé à l'AFP, mercredi 6 mai, que son pays allait engager "des poursuites" contre ces soldats de la mission Sangaris.

"Des poursuites vont être engagées (...) c'est quand même des actes très graves. (...) J'insiste sur le fait qu'il ne faut pas d'amalgame, ce n'est pas Sangaris, ce n'est pas la France. C'est des individus, c'est des militaires et c'est contre ceux-là que nous nous insurgeons", a affirmé le ministre. Il s'agit de la première réaction officielle du gouvernement depuis le début de l'affaire le 29 avril.

 Une affaire révélée par le "Guardian"

Selon une source judiciaire française, 14 soldats sont mis en cause dans cette affaire potentiellement désastreuse pour l'image de la France et de son armée en Afrique. Une enquête française est en cours.

Les faits se seraient déroulés à l'aéroport de Bangui, où des milliers de réfugiés centrafricains s'entassaient dans des campements de fortune en décembre 2013. Selon une enquête de l'ONU et de l'Unicef, c'est à partir de cette période que des soldats français ont été accusés d'agressions sexuelles sur des enfants.

L'affaire a été révélée par le quotidien britannique The Guardian. "Les enfants étaient affamés, ils approchaient les soldats en quête de nourriture et les soldats leurs disaient 'tu auras à manger contre du sexe'. Il s'agissait en très grande majorité de soldats français", avait expliqué Paula Donovan, responsable humanitaire Aids Free World. Des faits similaires s'étaient produits, il y a vingt ans, au Rwanda. C'étaient des femmes qui avaient été victimes de viols à l'époque.

 

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