Les Centrafricains payent un lourd tribut au conflit

Des rebelles de la Séléka à Bangui, en Centrafrique, le 1er avril 2013.
Des rebelles de la Séléka à Bangui, en Centrafrique, le 1er avril 2013. (AFP PHOTO / Patrick Fort)

Les cris d’alarme se succèdent au vu de la situation chaotique et des violences perpétrées en Centrafrique. Dernier en date du 11 juillet, celui de l'Union européenne, qui veut augmenter son aide à ce pays africain pour éviter «une nouvelle Somalie», quelque trois mois après la prise de pouvoir à Bangui de l'ex-rébellion Séléka.

Depuis son indépendance en 1960, la Centrafrique n’en est pas à sa première crise. Habituée aux coups d’Etat et aux rébellions, le pays a connu un nouveau putsch en mars 2013.
 
A nouvelle crise, nouvelles violences. Conséquence: une grosse dégradation des conditions de vie des Centrafricains déplacés par milliers.
 
Pour y faire face, l’UE veut débloquer huit millions d'euros supplémentaires aux 20 millions d’aide d'urgence alloués à ce pays depuis début 2013.
 
Le bilan européen est sans appel: il y a au moins 206.000 déplacés dans le  pays depuis décembre 2012 et 55.000 réfugiés dans les pays voisins. Les chiffres des ONG sont eux aussi édifiants: 4,6 millions de personnes (toute la population) ont été affectées depuis le début de la crise et 1,6 million ont besoin d'une aide d'urgence (santé, nutrition, logement...).
 
MSF a dû faire face à une flambée de paludisme qui a occasionné 60.000 consultations au premier trimestre 2013, en augmentation de 38% par rapport à 2012. Mêmes constats pour la rougeole et la pneumonie.
 
Selon l'OMS, la Centrafrique détient la deuxième espérance de vie la plus faible du monde – 48 ans – et des taux de mortalité trois fois plus élevés que le «seuil d'urgence» définissant une crise humanitaire: un mort pour 10.000 habitants par jour.

 
Les organisations humanitaires dénoncent le pillage systématique des réserves de nourriture par des nomades ou des combattants de la Séléka, qui multiplient par ailleurs les rackets, les viols ou les meurtres. Ces derniers sont eux-mêmes divisés en plusieurs groupes armés.
 
Depuis son entrée en fonction en avril, le président par intérim Michel Djotodia a été dépassé par les combattants qui ont permis son accession à la tête de l’Etat et sont devenus hors de contrôle.
 
Si la situation semble s’être calmée à Bangui, la capitale, l’instabilité règne dans la plupart des régions où il n’y a pas d'administration.
 
Seul point positif : les fonctionnaires ont reçu deux mois d’arriérés de salaires grâce au prêt de 38 millions d'euros accordé en mai par le Congo Brazzaville à Bangui pour pallier les difficultés de trésorerie du pays dont les caisses sont vides.
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