"Un crime contre un humanitaire, c'est un crime contre l'humanité" : en Centrafrique, les ONG appellent à l'aide

12 humanitaires sont morts depuis janvier 2017 en Centrafrique.
12 humanitaires sont morts depuis janvier 2017 en Centrafrique. (SABER JENDOUBI / AFP)

Pour la Journée internationale de l'aide humanitaire, les ONG demandent de l'aide en Centrafrique où les agressions se multiplient depuis le début de l’année.

Le bilan de l'ONU est sans équivoque : il y de plus en plus d'agressions contre les humanitaires en Centrafrique. En effet, cette année dans ce pays dont la moitié de la population dépend de l'aide internationale, il y a déjà eu 12 morts et une vingtaine de blessés du côté des ONG, a constaté franceinfo.

La force onusienne profite donc de la Journée internationale de l'aide humanitaire, samedi 19 août, pour dénoncer les violences faites à l'encontre des humanitaires dans le pays.

Les humanitaires sont les nouvelles cibles

Le dernier exemple a eu lieu début juillet dans la ville de Zemio au sud-est de la Centrafrique. Alors que des hommes armés prennent d'assaut la ville, la force onusienne s'interpose. Les combats durent ensuite une semaine. Pendant ce temps, les travailleurs humanitaires sont pris pour cible. Il leur est impossible de porter secours à tous les blessés. À ce moment, "nous nous sommes cachés, car personne ne pouvait sortir dehors", explique Armel l'un des humanitaires présents. 

Personne n'a pu ramasser des cadavres, si bien que les porcs ont mangé les gensAmel, humanitaire en Centrafriqueà franceinfo

Depuis janvier 2017, les humanitaires deviennent des cibles. Les braquages de véhicules et de locaux d'ONG se multiplient. Il y a même des prises d'otages comme dans la ville de Bria en juin 2017. Djerassem, porte-parole d'une agence de l'ONU, raconte que les braqueurs ont pris en otage ses collègues et les ont dépouillés.

200 attaques cette année

Au total, selon un rapport officiel, les humanitaires ont subi plus de 200 attaques cette année en Centrafrique. Pour la Journée internationale de l'aide humanitaire, Joseph Inganji, le directeur des affaires humanitaires en Centrafrique lance donc un appel désespéré en faveur de ceux qui aident tous les jours la population. Il faut "accorder l'accès sans condition aux personnes humanitaires", explique-t-il.

Pour Joseph Inganji, les humanitaires sont là pour soulager la vie et les souffrances.Selon lui, "un crime contre un humanitaire, c'est un crime contre l'humanité."  Néanmoins, dans ce pays où la force onusienne et les autorités centrafricaines sont dépassées, les humanitaires paraissent bien seuls et doivent toujours composer avec les menaces dont ils sont directement les cibles. Vendredi 18 août, le secrétaire général de l'ONU, le Portugais Antonio Guterres, a d'ailleurs appelé les pays du monde à respecter et à protéger tous les humanitaires.

Les humanitaires doivent désormais composer avec les menaces dans le pays : reportage de Saber Jendoubi
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