En mission en Centrafrique, un militaire appelle les internautes à lui envoyer des cartes postales pour Noël

Des cartes postales vendues à Paris, le 14 août 2014.
Des cartes postales vendues à Paris, le 14 août 2014. (MARCUS BRANDT / DPA / AFP)

Stationné à Bangui, un militaire breton a lancé une opération "cartes postales" sur Facebook. Au départ destiné surtout à ses proches, son message a rencontré un écho beaucoup plus large. 

Fabrice Bourdiec passera Noël à Bangui, loin de sa famille. Pour redonner un peu de couleurs à ses fêtes de fin d'année, ce gendarme breton de 50 ans en mission en Centrafrique a lancé un appel sur sa page Facebook, dimanche 20 novembre. Le militaire demande à ses amis, à sa famille, mais aussi à de parfaits inconnus de lui envoyer des cartes postales du monde entier pour égayer son quotidien.

Sur le réseau social, il diffuse une photo du mur de sa chambre, vide et blanc, avec un message en anglais et en français. Et, bien sûr, son adresse. "Allez, faites-moi voyager en m'envoyant une simple carte postale que je collerai sur le mur de ma 'piaule' à Bangui, écrit-il. A partir de 10 cartes, je ferai une photo que je posterai sur Facebook." Il ajoute : "Je n'en ai reçu qu'une seule car les gens n'écrivent plus. Voyons qui fera l'effort... c'est bientôt Noël après tout !"

Au téléphone, il explique l'importance de ce petit geste, qui consiste à faire "quelque chose pour quelqu'un qui est loin et à qui ça va faire plaisir". "Ce n'est pas comme mettre un 'j'aime', explique-t-il à franceinfo. Ça montre que derrière un réseau social il y a aussi des gens." L'idée lui vient d'une opération "cartes postales", lancée par une classe de CM1 du Morbihan, et à laquelle il avait participé : "Je suis allé acheter une carte de Bangui, avec un papillon, et je leur ai envoyé. J'ai eu ma petite réponse, ça m'a fait plaisir, raconte-t-il. J'étais face à mon mur que je trouvais bien vide, et je me suis dit que j'allais faire pareil."

Un camp militaire qui "ressemble à un pénitencier"

Il faut dire que Fabrice a de quoi se sentir isolé. Depuis deux mois, il participe à la mission européenne militaire en Centrafrique et réside dans un camp en préfabriqués. Entre l'aéroport et le centre-ville, il a été construit sur le terrain d'une ancienne usine textile, appelée Ucatex. "On l'appelle entre nous Alcatrex , plaisante Fabrice, parce que ça ressemble à un pénitencier." Le tout, dans un pays "ravagé par la guerre".

Bangui n'est pas exactement une destination de vacances.Fabrice, gendarme dans la capitale centrafricainefranceinfo


Fabrice, habitué des opérations extérieures au bout du monde – Bosnie, Irak, Kosovo... – refuse cependant "le pathos" : "Ça fait partie du métier, j'adore ça, on rencontre d'autres cultures, on ouvre ses horizons personnels. C'est une sacrée aventure !"

Son message a eu du succès et a été repris par les médias locaux. Il a déjà reçu plusieurs promesses d'envoi. Un certain Pascal, par exemple, écrit : "Une carte postale de Montaigut-en-Combraille dans le Puy-de-Dôme part ce jour pour 'alimenter' votre mur à Bangui et vous montrer notre solidarité avec les femmes et les hommes des 'opérations extérieures'". Touché, le gendarme a aussi peur d'être dépassé par le nombre et a décidé de partager les cartes avec ses 200 camarades de mission, s'il en reçoit trop. Mais les petits mots qu'il attend le plus sont ceux de ses trois fils, précise-t-il. Il ajoute, rieur : "Ce sont eux qui m'écriront sûrement en dernier !"

Vous êtes à nouveau en ligne