Centrafrique : les malades du sida trouvent soins et réconfort à l'hôpital communautaire de Bangui

En Centrafrique, des milliers de personnes sont infectées par le VIH. L'hôpital communautaire de Bangui est le seul endroit où elles peuvent se faire soigner.

Les campagnes de préventions contre le VIH sont quasi inexistantes en Centrafrique, deuxième pays le moins développé au monde selon l'ONU et en guerre civile depuis plus de huit ans. La stigmatisation des malades du sida fait que beaucoup d’entre eux sont pris en charge très tardivement. L'hôpital communautaire de Bangui représente pour les personnes infectées un havre de paix et leur ultime soutien.

Huit photos de Barbara Debout illustrent ce reportage de l’AFP

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Dans de nombreux pays, les campagnes de prévention et de lutte contre le sida s'affichent dans la rue. Mais en Centrafrique, les pouvoirs publics les passent quasiment sous silence. De plus, l'hostilité à l'égard des personnes infectées par le VIH est omniprésente dans le pays, contraignant nombre d’entre elles à cacher leur maladie. Le secret reste le plus sûr moyen de ne pas être rejeté par la famille et les amis. BARBARA DEBOUT / AFP
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Sur une population de quelque 5,4 millions d'habitants, environ 110 000 personnes sont touchées par le sida. Et beaucoup n'entrent pas dans ce décompte, faute de dépistage. En Centrafrique, où près de 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale, le prix d'un dépistage – entre 2 000 et 3 000 francs CFA (3 à 4,5 euros) –, est souvent dissuasif. BARBARA DEBOUT / AFP
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Soutenu par Médecins sans Frontières (MSF), l'hôpital communautaire de Bangui est le seul endroit dédié aux malades du sida dits "avancés". Il compte 68 lits plus 15 en réanimation. Dans une salle annexe du service de médecine interne, les personnes hospitalisées sont porteuses du VIH et souvent de maladies opportunistes. Lesquelles se développent en raison de leur système immunitaire très affaibli après des années d’une séropositivité, souvent ignorée.   BARBARA DEBOUT / AFP
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"Beaucoup de nos patients arrivent dans le coma", déplore la docteure Jennifer Stella, manageuse des équipes de MSF dans le cadre du projet "VIH avancé". Ce projet offre une prise en charge d'urgence des malades avant de les envoyer vers des centres de santé pour des traitements à vie.   FLORENT VERGNES / AFP
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Rien qu’"à Bangui, la prévalence (nombre de cas d'une maladie dans une population à un moment donné, englobant aussi bien les cas nouveaux que les cas anciens, NDLR) de l'épidémie est deux fois plus élevée que la moyenne nationale", affirme Jennifer Stella. Ignorant leur infection, "les deux tiers (des personnes) diagnostiquées séropositives sont déjà à un stade avancé de la maladie lorsqu'elles commencent leur traitement", poursuit-elle. "Notre taux de mortalité se situe entre 10 et 15%, certains adultes pèsent 30 kilos en arrivant et environ 70% sont touchés par la tuberculose", ajoute-t-elle. BARBARA DEBOUT / AFP
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Une malade âgée de 37 ans, soignée dans ce service, déclare à l’AFP : "Mon mari est décédé du VIH, c'est comme ça que j'ai su que j'étais séropositive. J'ai six enfants, qui va s'en occuper si je décède ? Je dois vivre !" BARBARA DEBOUT / AFP
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Une autre femme de 43 ans explique : "J'ai toujours eu peur des moqueries ou du jugement de mon entourage, ma maladie est un secret. Les seules personnes en ayant connaissance sont mon fils aîné, à qui je me confie facilement, et mon mari. " Le fait que son mari et ses enfants soient séronégatifs est pour elle un immense soulagement. "J'ai appris que j'avais le VIH en 2006 lors de ma grossesse et, grâce à Dieu, j'ai tout de suite pris le traitement et aucun de mes enfants n'a le sida". BARBARA DEBOUT / AFP
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Si les trithérapies d'antirétroviraux sont des remèdes extrêmement coûteux, dans cet hôpital tout est "gratuit pour les patients VIH". "Les médicaments diminuent la charge virale et font que le VIH ne se transmet pas, On peut vivre avec le sida", martèle le Dr Stella. Et de plus, ici, patients séropositifs et autres malades sont mélangés "sans que ce soit un problème", déclare-t-elle.   BARBARA DEBOUT / AFP
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